Patrick Bourgeois Admin

Inscrit le : 17 Oct 2005 Messages : 4259 Localisation : Sainte-Anne-des-Monts
| Sujet: La campagne vue du ROC Dim 25 Fév - 13:09 | |
| La Presse Forum, dimanche 25 février 2007, p. A12 La campagne vue du ROC
Charest a changé Le Canada anglais espérait mieux de la part du chef libéral qu'un premier ministre devenu le porte-parole de la culture des jérémiades
Simpson, Jeffrey
L'auteur est chroniqueur politique au Globe and Mail.
Jean Charest souhaitait remettre en question certains éléments de la culture politique québécoise. Il en est plutôt devenu prisonnier.
M. Charest a déjà indiqué qu'il voulait baisser les impôts, réduire la taille du gouvernement du Québec, diminuer les subventions aux entreprises et rendre le Québec plus " entrepreneur ".
M. Charest a changé. La culture politique du Québec (les médias, les syndicats, les autres partis politiques et les attentes du grand public) l'ont obligé à changer pour qu'il puisse avoir une chance d'être réélu.
On s'attend des premiers ministres du Québec qu'ils jouent la carte nationaliste. C'est ce que la culture politique exige. Les Québécois sont devenus de plus en plus séparés du Canada. Pas moins de 40% d'entre eux votent pour un parti, le Bloc québécois, qui n'est même pas intéressé à gouverner le Canada.
Le Canada est perçu comme une " vache à lait " à traire pour le bénéfice du Québec (le fournisseur de ce que Robert Bourassa appelait le " bonbon ") sans que le Québec ait grand-chose à remettre au pays. M. Charest, qui fut un politicien national, a semble-t-il appris cette leçon de ses compatriotes québécois et il est devenu le porte-parole de la culture des jérémiades à propos du pouvoir et de l'argent.
M. Charest n'a pas été en mesure de diminuer les attentes au Québec en ce qui concerne le rôle de l'État. Il n'a pas pu réduire la taille du gouvernement. Il n'a pas été capable de baisser les impôts. Il n'a pas pu diminuer les subventions aux entreprises. En résumé, il s'est révélé incapable de réaliser ses objectifs parce qu'il a découvert jusqu'à quel point les Québécois sont intimement liés à leur culture politique de plaintes à l'égard d'Ottawa. Il a découvert leur solidarité les uns envers les autres et leur préférence pour la redistribution plutôt que la création de richesse.
Lorsqu'on le compare à presque tous les États américains et à toutes les provinces qui se trouvent à l'ouest, le Québec est pauvre sur le plan économique. Comme l'a expliqué Alain Dubuc dans son ouvrage l'an dernier, ce n'est que si la culture politique change que le Québec pourra cesser de devenir relativement plus pauvre. Ses arguments ont fait écho à ceux des signataires du manifeste "Pour un Québec lucide", y compris l'ancien premier ministre Lucien Bouchard.
Ces arguments irréfutables de M. Dubuc et des Lucides ont eu peu d'influence sur l'opinion publique. Des sondages dont les résultats ont été publiés dans ce journal, il y a un mois, ont démontré la conviction farouche des Québécois en ce qu'ils appellent le " contrat social " même s'ils n'ont pas les moyens de leur conviction. C'est le fondement de leur culture politique, même si cela fait des Québécois des citoyens plus pauvres que la plupart des autres Canadiens et Américains.
Culture politique
Incapable de faire en sorte que les Québécois adoptent sa vision, M. Charest a cessé de les convaincre. Il s'est plutôt mis à jouer le rôle qu'exige la culture politique.
Le Québec en est venu à jouer un plus grand rôle sur la scène internationale, agissant de plus en plus comme un État. Il a demandé plus de pouvoir à Ottawa et, bien sûr, beaucoup plus d'argent.
Yves Séguin, qui fut le premier ministre des Finances de M. Charest, a dirigé la Commission sur le déséquilibre fiscal. Par conséquent, M. Charest a exigé que l'on trouve une solution à ce problème, problème consistant supposément en ce que le Québec n'avait pas suffisamment d'argent pour ses pouvoirs constitutionnels alors qu'Ottawa avait trop d'argent pour remplir ses obligations. ()
M. Charest a joué de chance. Une fois que Stephen Harper est devenu premier ministre, il a trouvé un ami politique dont il pouvait faire son prisonnier. M. Harper avait besoin de plus de sièges au Québec pour former un gouvernement majoritaire. Il devait faire plaisir au Québec et ce faisant, aider sa propre cause et celle de M. Charest. Sa promesse de " fédéralisme ouvert " est devenue du " fédéralisme à chéquier ouvert ".
M. Harper souhaite aussi la victoire de M. Charest pour " éviter le pire ", soit l'élection d'un gouvernement du Parti québécois. Et pour cette même raison, la très grande majorité des Canadiens hors Québec veulent la victoire de M. Charest.
Ils sont très irrités des demandes du Québec pour obtenir plus d'argent et plus de pouvoir et ils en ont plus qu'assez de cette attitude. Ils espéraient mieux de la part de M. Charest qu'un premier ministre devenu le porte-parole de la culture de jérémiades.
Ils espéraient qu'il serait un premier ministre qui parlerait du Canada autrement que comme une source d'argent. Ils ont fait preuve de naïveté. Ils n'ont pas compris cette province. Ils n'ont pas compris M. Charest.
Mais ils ne veulent pas vivre les affres d'une séparation. Alors, ils souhaitent la victoire de M. Charest, faute de mieux. _________________ "La révolution est à bâtir, ou bien elle se dissipe". -Jacques Berque
"On ne peut pas dire la vérité à la télévision: il y a trop de gens qui regardent" - Coluche
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Dom Indépendantiste


Inscrit le : 21 Oct 2005 Messages : 1775 Localisation : Ville de Québec
| Sujet: Re: La campagne vue du ROC Dim 25 Fév - 13:19 | |
| Et dire que Michaëlle Jean voulait briser les deux solitudes.  _________________ Ensemble vers l'indépendance
Dernière édition par le Dim 25 Fév - 14:33, édité 1 fois |
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Christian Pelletier Ami(e) du Québécois


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 3536
| Sujet: Re: La campagne vue du ROC Dim 25 Fév - 14:02 | |
| M. Harper souhaite aussi la victoire de M. Charest pour " éviter le pire ", soit l'élection d'un gouvernement du Parti québécois. Et pour cette même raison, la très grande majorité des Canadiens hors Québec veulent la victoire de M. Charest.
Pas de commentaire, juste mettre en évidence qui nous combattons, qui sont nos ennemis. |
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Dom Indépendantiste


Inscrit le : 21 Oct 2005 Messages : 1775 Localisation : Ville de Québec
| Sujet: Re: La campagne vue du ROC Dim 25 Fév - 14:04 | |
| Oui mais si Jean Charest perd l'élection et que Dion ne fait pas l'affaire au PLC, le Canada anglais va t'il nous le renvoyer au PLQ pour remplacer Charest comme ca c'est fait en 1998 ? _________________ Ensemble vers l'indépendance |
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Christian Pelletier Ami(e) du Québécois


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 3536
| Sujet: Re: La campagne vue du ROC Dim 25 Fév - 14:20 | |
| | Dominique Pajot a écrit: | | Oui mais si Jean Charest perd l'élection et que Dion ne fait pas l'affaire au PLC, le Canada anglais va t'il nous le renvoyer au PLQ pour remplacer Charest comme ca c'est fait en 1998 ? |
Ce serait une mauvaise idée de leur part, il n'est pas populaire au Québec.
charest était populaire quand il était conservateur, il est arrivé au Québec comme un "sauveur" pour le fédés.
Si le PQ gagne le 26 mars, et il gagnera , c'est sûr que les anglais du canada et les fédés du Québec votera libéral, je prévois même dans ma boule de crystal une victoire libéral fédéral majoritaire si le PQ gagne au Québec.
Les crosseurs fédérals(scandales des commandites et option-canada) contre les souverainistes au Québec en campagne référendaire.
Ce serait presque trop beau......... |
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