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| | La division contre nous-mêmes | |
| | | Auteur | Message |
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Éric Tremblay
Inscrit le : 23 Mar 2007 Messages : 6
| Sujet: La division contre nous-mêmes Mar 27 Mar - 3:37 | |
| Nous avons fait le choix de la division. Nous avons fait le choix de vivre selon des bases individuelles et régionales. Nous avons fait le choix de l’égoïsme. Nous avons fait le choix de rejeter l’autre. Nous avons fait le choix de brûler les ponts. Nous avons fait le choix de briser les liens. Nous avons fait le choix des ghettos politiques. Nous avons fait le choix de l’esprit de clochers. Nous avons fait le choix de la suspicion. Nous avons fait le choix de vivre chacun dans sa bulle. Nous avons fait le choix de la survivance. Nous avons fait le choix de l’aliénation. Nous avons fait le choix de l’enfermement. Nous avons fait le choix du cynisme. Tristes choix.
Il apparaît plus que jamais que nous sommes incapables d’exprimer une volonté de vivre ensemble. Il apparaît plus que jamais qu’il nous est difficile de définir un projet de société rassembleur. Il apparaît plus que jamais que nous acceptons notre sort d’éternels quêteux, de mendiants et de colonisés. Il apparaît plus que jamais que nous nous contentons de notre dépendance envers Ottawa. Il apparaît plus que jamais que notre nation accepte sa soumission à la nation étrangère canadienne. Il apparaît plus que jamais que nous acceptons que notre Assemblée Nationale soit subordonnée au Parlement canadien. Il apparaît plus que jamais que nous acceptons que notre destin collectif soit déterminé par le gouvernement centralisateur du Canada. Il apparaît plus que jamais que nous avons peur de nous prendre en mains. Il apparaît plus que jamais que nous avons peur de la liberté. Douloureux constats.
Pourtant... au-delà du racisme, de la xénophobie, de l’intolérance, nous formons toujours la seule nation française de l’Amérique du Nord capable de se donner un pays. Le projet d’indépendance du Québec se porte toujours bien. Les réelles raisons de vouloir construire le pays du Québec sont toujours présentes; raisons identitaires, culturelles et linguistiques. La nécessité de nous affranchir d’un état d’annexion qui nous condamne à la minorisation grandissante, à l’acculturation et à l’assimilation lente et progressive demeure bien réelle. La liberté politique, culturelle et économique demeure toujours aussi urgente. Dans un monde mondialisé, l’indépendance du Québec s’avère toujours essentielle afin que nous puissions participer pleinement au concert des nations libres. Sans voix propre à l’international, nous ne pouvons contribuer efficacement aux importantes luttes contre les changements climatiques, le capitalisme sauvage, la pauvreté, les inégalités sociales, l’uniformisation culturelle et la guerre. Observations porteuses d’espoir.
Ainsi, il nous appartient collectivement de construire de nouvelles solidarités. Nous devons redéfinir nos rapports, canaliser nos énergies et nous efforcer à la construction d’une volonté réelle de vivre ensemble, d’un véritable projet de société.
Quant à nous, indépendantistes, nous devons continuer le combat en faisant preuve d’une nouvelle unité bâtie autour du nécessaire renforcement de notre discours. Nous devons recentrer ce dernier sur son essence fondamentale. La pertinence de notre projet réside sur le fait que nous formons une nation dont l’identité est plus que jamais menacée par notre statut de minorité enfermée dans l’ensemble canadien anglo-saxon, que notre peuple conquis en 1760 ne possède toujours pas les pouvoirs nécessaires à son plein épanouissement et qu’Ottawa pratique toujours une politique impérialiste étouffante à l’endroit du Québec. Nous devons reprendre le bâton du pèlerin afin de propager notre idéal de libération nationale. Nous devons nous mobiliser afin de persuader nos concitoyens de l’urgence, pour notre nation, d’exercer sa pleine liberté. Que cette liberté collective s’avère aussi importante que la liberté individuelle. Nous devons les convaincre que l’indépendance du Québec constitue le seul projet de société pouvant assurer la pérennité de notre nation française en Amérique du Nord. Il nous appartient de tout faire pour créer le pays du Québec, même si cela implique un changement de stratégie. La concrétisation de notre idéal dépend de nous tous. Il n’y a pas plus beau combat que celui mené pour la liberté.
Éric Tremblay, avocat |
|  | | AmaruQ

Age : 30 Inscrit le : 02 Mar 2007 Messages : 420 Localisation : Montréal
| Sujet: Oh désespoir! ah des espoirs... Mar 27 Mar - 10:54 | |
| Le sort en est jeté, et aujourd'hui je suis accablé d'une tristesse inqualifiable. Que dire, face à cette tournure des évènements? Oh désespoir!
Aujourd'hui la mauvaise foi déclare en grande pompe la mort du Parti Québécois, l'échec de son chef, l'extinction finale du mouvement souverainiste. John James Charest célèbre sa maigre victoire, il est toujours premier ministre et, au bout de la ligne, c'est tout ce qui compte. Et Mario Dumont, lui, déclare, tout en joie victorieuse, la naissance d'une nouvelle voie, croyant enfin que le siège de premier ministre sera bientôt le sien... Bercé par ces illusions, le Québec redéfénit aujourd'hui sa réalité. Que croire, désormais?
Ah, mais il y a des espoirs.
Premièrement la réalité de certains chiffres. Le taux de participation a été faible, pratiquement aussi bas qu'en 2003, et donc environ 30% des électeurs ne se sont simplement pas prononcé. On peut espérer qu'ils ont aujourd'hui appris une leçon sur les principes fondamentaux de la démocratie.
Il y a aussi la chute du Parti Libéral. Elle est bien sûr occultée par les vainqueurs, mais difficile de cacher le désastreux 14% [aussi le gain de l'ADQ] perdu depuis la dernière élection. Le Québec, qui donne traditionnellement un deuxième mandat à ses gouvernements, a sanctionné d'une façon historique celui de John James Charest, qui a bien failli perdre son propre siège de Sherbrooke. Beaucoup de ses ministres sont tombés au combat, et il doit maintenant composer avec une situation de gouvernement minoritaire, ce qui est quasiment sans précédent au Québec. On peut espérer qu'il ne reste en réalité plus tellement de vrais fédéralistes au Québec.
Reste l'ADQ, le coeur du problème... Encore plus de droite, mais dans un pays (oui, je considère le Québec comme un pays, car il a tout sauf la reconnaissance officielle) où cette division gauche-droite qui est si importante ailleurs ne veut rien dire. J'ai dû me pencher humblement sur le sujet, pour comprendre sa réalité, une réalité des régions, qui est bien dure à saisir de mon oeil Montréalais. Et d'après moi c'est plutôt simple, au fond - les gens veulent du changement, et Dumont n'a qu'à marteler ce mot [et jouer sur la xénophobie encore malheureusement répandue] et les gens suivent, désillusionnés des mensonges libéraux, et découragés des défaites péquistes. Et donc ils ne sont plus fédéralistes et ils ne sont plus souverainistes, ils sont "autonomistes"... il ne reste plus qu'à espérer qu'ils vont vite réaliser le caractère profondément illusoire de cette idéologie.
Malgré tout le mal qu'on va en dire, et toutes les déclarations absurde d'apocalypse qu'on va entendre, le PQ a pas si mal fait. Il a perdu 4%, et ça, c'est le gain de Québec Solidaire. Ça se traduit en beaucoup moins de sièges, mais c'est pas si dramatique. On est atterrés, au plancher, mais de là il ne reste plus qu'une chose à faire, se relever. Il va y avoir encore une terrible lutte intestine, et une forte contestation d'André Boisclair, mais j'ose espérer qu'au bout de la ligne, cet homme, que j'admire, aura ce qu'on donne si facilement à tous les autres, une vraie chance de faire ses preuves. Le test du gouvernement minoritaire me semble parfait pour ça. Boisclair s'est laissé aveugler par sa lutte contre Charest, contre les fédéralistes, et a sous-estimé [comme nous tous, d'ailleurs] profondément Dumont. Il aura, hier, reçu sa propre leçon d'humilité. Comme on dit souvent au hockey, y'en aura pas de facile. On peut espérer une remontée triomphale, la prochaine fois.
Hier je regardais les discours des chefs, et j'écoutais avant tout le peuple. Dans la salle remplie à craquer de l'ADQ, les gens scandaient fièrement "Mario! Mario! Mario!"... Dans celle des libéraux, plus parsemée, on y entendaient des "Charest! Charest! Charest!"... et puis il y avait l'autre salle, triste, découragée, abattue... et elle répétait, avec cette conviction inébranlable, avec foi, "ON VEUT UN PAYS! ON VEUT UN PAYS! ON VEUT UN PAYS!"... et c'est là-dedans que je garde mon espoir le plus profond, le plus vrai. Car les autres croient dans un homme, nous croyons aujourd'hui, et pour toujours, en nous-même.
Alors on se dit, les amis, à la prochaine fois. On s'crache dans les mains, pis on r'commence!
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|  | | Christian Pelletier Ami(e) du Québécois


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 3536
| Sujet: Re: La division contre nous-mêmes Mar 27 Mar - 12:41 | |
| | Citation: | | Nous avons fait le choix de la division. Nous avons fait le choix de vivre selon des bases individuelles et régionales. Nous avons fait le choix de l’égoïsme. |
Nous avons été divisé par le virage du PQ depuis 1995 et ceux qui sont resté fidèle à l'ancien format.
Beaucoup d'entre nous ont tout de même appuyer le PQ, j'en suis mais je ne suis pas démonté aujourd'hui car à quelque part, je suis fier des Québécois qui se sont affirmés haut et fort hier soir, ils nous ont dit leurs écoeurement de la façon que le Québec est gouverner et qu'ils veulent du changement.
Ce matin à chaud, j'affirmais que les con-servateurs donneraient une volée au bloc prochainement, maintenant après quelques heures de réflexion, j'en suis moins sûr.
En effet, les Québécois ont toujours eu un électorat de balance. Maintenant que la droite domine le Québec, il y aura peut-être un mouvement contraire à l'élection fédérale.
Au bloc d'en profiter avec un discours nationaliste et identitaire......... |
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