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Critique de We are Québécois when ça nous arrange

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Patrick Bourgeois
Admin



Inscrit le : 17 Oct 2005
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Localisation : Sainte-Anne-des-Monts

MessageSujet: Critique de We are Québécois when ça nous arrange   Sam 17 Nov - 19:21

triangle Année: 2006 triangle Numero: Janvier triangle Categorie: Comptes-rendus L'Action nationale
Patrick Bourgeois. We are Québécois when ça nous arrange Version imprimable
Benoît Dubreuil
23-01-2006
Patrick Bourgeois
We are Québécois when ça nous arrange, Les Intouchables, 2005, 158 p.

Ce livre n’est certainement pas fait pour le souverainiste bien élevé à qui l’utilisation systématique de mots construits sur la racine « colonis- » donne des reflux gastriques.
Comment résumer ce pamphlet de 160 pages que Patrick Bourgeois, fondateur du journal Le Québécois, vient de commettre aux Éditions les Intouchables ? Rien de plus simple : un sujet tabou, l’acculturation de nos élites, des personnages attachants comme Justin Trudeau, Ben Mulroney et Yann Martel, puis une chaudronnée d’insultes bien grasses. Excessif direz-vous ? Bien sûr, mais profitons-en, puisque la Charte nous le permet !

Patrick Bourgeois ne travaille pas au bistouri, c’est le moins que l’on puisse dire. Ses gros sabots rappellent ceux de Pierre Falardeau qui préface par ailleurs l’ouvrage, invitant le lecteur à ne pas lire « ce bouquin [qui] nous remet le nez dans notre petit tas, nous force à affronter cette maladie collective qui nous ronge de l’intérieur, à regarder en face ce cancer planifié et entretenu en haut lieu » (p. 9)

Sommes-nous toujours des colonisés ? L’expression est-elle trop forte ? L’avons-nous déjà été ? Le Canada est-il le goulag ? Les Québécois forment-ils un petit peuple de maîtres chanteurs ? Certains lecteurs seront mal à l’aise face à ce discours sur la colonisation qui se déploie à grand renfort de Franz Fanon et d’Albert Memmi. Mais Patrick Bourgeois prend position : colonisation il y a et, si sa logique se fait parfois subtile, l’enfermement n’en est pas moins total.

Il aborde de front et sans complexe le sujet numéro 1 pour créer des froids dans les cocktails d’hiver sur la rue Saint-Laurent : l’acculturation d’une certaine élite qui se veut québécoise « when ça l’arrange ». À l’heure du « métissage identitaire » et du « ma différence est plus grosse que la tienne », quoi de plus corrosif que de lever le voile sur l’instrumentalisation des pratiques et des contenus culturels québécois par la bourgeoisie d’Outremount/Westmont ? Voici un avant goût du propos :

En autorisant le métissage ethnique, le régime colonisateur a aplani les différences entre les dominants et les dominés, ce qui rendait plus difficiles les soulèvements du Nous contre l’Étranger. C’est ainsi qu’à pu naître toute une cohorte de collabos parfaitement rompus à cette mission déshonorantes qu’est l’acculturation québécoise perpétrée au nom de la création d’une culture artificielle parce que canadienne. (p. 23)

Dans les pages du Devoir, Louis Cornellier reprochait à Bourgeois cette critique acerbe du « métissage » avec la culture majoritaire :

Là où Bourgeois dérape, toutefois, c’est quand il attribue la source de leur attitude à leurs origines ethniques. Facile de comprendre, suggère-t-il, pourquoi ces gens-là sont des traîtres quand on constate qu’ils appartiennent à « une nouvelle race de bâtards » issue, par filiation, du « métissage ethniques » et riche en « collabos » à la double identité. On croirait lire du mauvais Lionel Groulx (je précise, parce qu’il y en a du bon)! (Le Devoir, samedi 12 novembre 2005)

Lionel Groulx, l’auteur de L’appel de la race, nous vient effectivement à l’esprit à la lecture de l’ouvrage. On se rappelle que ce dernier critiquait à son époque la pratique du mariage interculturel répandue chez les bourgeois francophones. Nos élites d’alors choissisaient consciencement et massivement l’acculturation pour accéder au capital et au pouvoir politique britannique.

Bien sûr, les propos de Bourgeois prêtent à l’amalgame et à la condamnation sans procès de nos élites biculturelles. Ne comptez pas sur nous cependant pour lui lancer la première pierre. Que penser d’un Yann Martel qui, ayant fréquenté les écoles anglaises toute sa vie, en vient à écrire exclusivement en anglais ? Bien sûr, cela ne l’empêche pas d’affirmer que le français demeure la langue de son coeur. It is so beautiful a language. Que penser de l’insipide Justin Trudeau, si présent sur les tribunes radio-canadiennes, animant exclusivement en anglais le congrès de direction du Parti libéral, le bal du Grand Prix de Montréal et lisant presque exclusivement dans sa langue maternelle (l’anglais) l’oraison funèbre de son père ? Ou encore, que penser de Ben Mulroney, suffisamment fin pour nous faire remarquer que la prestation d’Audrey de Montigny, chantant en anglais (une langue qu’elle ne comprend pas) lors de l’émission Canadian Idol, contribuait à rapprocher les deux solitudes ?

À notre avis, Louis Cornellier se trompe en cherchant à ramener Bourgeois sur le terrain des idées. Aussi désagréable que cela puisse être à dire (et à voir), la bêtise des Trudeau, Mulroney et Martel découle bien de la dynamique institutionnelle de marginalisation de la langue et de la culture québécoise à l’oeuvre au sommet de la pyramide sociale. On ne peut pas ignorer l’évidence : le métissage et le biculturalisme sont utilisés à Marianopolis, Dawson ou McGill comme des instruments de promotion sociale. Si la critique de Bourgeois demeure acceptable, c’est précisément parce que les Trudeau, Mulroney et Martel sont le fruit de ces miliers de décisions qui, sur le plan individuel, instrumentalisent la langue et la culture québécoises et brisent le ciment social et l’égalité.

Bien sûr, les coupables se pleignent de la logique binaire dans laquelle un tel discours cherche à les enfermer. Jean-Daniel Lafond, notre prince consort, nous a si dramatiquement rappelé (Indicatif Présent, Première chaîne de Radio-Canada, 26 octobre 2005) qu’en Iran, le mot « traître » est un mot qui « tue ». Bien sûr, la différence est qu’ici la femme de l’accusé est commandante en chef des forces armées.

Bien sûr, Bourgeois est sans doute trop généreux dans la distribution des épithètes. Mais il y a droit et pour raison très simple : il demeure à ce jour au Canada plus payant d’être fédéraliste et de se frotter aux institutions anglophones que d’être souverainiste et de rester dans la réserve francophone. C’est vrai au moins dans la science, les affaires, la médecine, le droit, les médias et la politique. Bref, c’est vrai là où ça compte. Tant que cela durera, les Québécois auront des doutes quant à l’intégrité des milliers d’anglophiles patentés qui embrassent sans retenu le rêve canadian.
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Sebb
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Inscrit le : 02 Juin 2008
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MessageSujet: Re: Critique de We are Québécois when ça nous arrange   Sam 28 Juin - 14:46

Patrick Bourgeois a écrit:
triangle Année: 2006 triangle Numero: Janvier triangle Categorie: Comptes-rendus L'Action nationale
Patrick Bourgeois. We are Québécois when ça nous arrange Version imprimable
Benoît Dubreuil
23-01-2006
Patrick Bourgeois
We are Québécois when ça nous arrange, Les Intouchables, 2005, 158 p.


Bien sûr, Bourgeois est sans doute trop généreux dans la distribution des épithètes. Mais il y a droit et pour raison très simple : il demeure à ce jour au Canada plus payant d’être fédéraliste et de se frotter aux institutions anglophones que d’être souverainiste et de rester dans la réserve francophone. C’est vrai au moins dans la science, les affaires, la médecine, le droit, les médias et la politique. Bref, c’est vrai là où ça compte. Tant que cela durera, les Québécois auront des doutes quant à l’intégrité des milliers d’anglophiles patentés qui embrassent sans retenu le rêve canadian.



Arrangez-vous donc M. Bourgeois pour prendre la place de ce M. Pratte ! Pour mettre un peu d'épices souverainistes à La Presse qui est en train de perdre en crédibilité avec ses "Leçons d'histoire" ...
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RRQ Ludovic Schneider




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MessageSujet: Re: Critique de We are Québécois when ça nous arrange   Sam 28 Juin - 15:32

Sebb a écrit:
Arrangez-vous donc M. Bourgeois pour prendre la place de ce M. Pratte ! Pour mettre un peu d'épices souverainistes à La Presse qui est en train de perdre en crédibilité avec ses "Leçons d'histoire" ...

Patrick Bourgeois travaillant à la Presse !?! affraid T'es un rigolo, toi... Razz
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RRQ Julien Gaudreau
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MessageSujet: Re: Critique de We are Québécois when ça nous arrange   Sam 28 Juin - 15:37

Pourquoi ? Quand le RRQ aura racheté la presse, Patrick y occupera certainement un bon poste Wink Razz.
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Sebb
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MessageSujet: Re: Critique de We are Québécois when ça nous arrange   Jeu 24 Juil - 14:27

RRQ Thérèse-de-Blainville a écrit:
Sebb a écrit:
Arrangez-vous donc M. Bourgeois pour prendre la place de ce M. Pratte ! Pour mettre un peu d'épices souverainistes à La Presse qui est en train de perdre en crédibilité avec ses "Leçons d'histoire" ...

Patrick Bourgeois travaillant à la Presse !?! affraid T'es un rigolo, toi... Razz



Je suis très sérieux.

Si on veut notre Pays, qu'on s'arrange pour échanger Pratte pour une nouvelle recrue ... ou faire revirer de bord l'ex-souverainiste Pratte ! Simple non ?

Va savoir, p't'être ben que notre La Pratte Inc. a déjà r'verir de bord à l'heure actuelle ! Si c'est le cas, on le remerciera et fera la paix avec tous les fédéralistes ... après un OUI of course !
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