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Michel Indépendantiste

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 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Sam 9 Sep - 16:26 | |
| Le devoir de philo Walter Benjamin et la querelle sur l’histoire au secondaire
Pierre Mouterde Le Devoir - samedi 9 septembre 2006 ------------------------------------------------------------------------
La philosophie nous permet de mieux comprendre le monde actuel : tel est un des arguments les plus souvent évoqués par les professeurs de philosophie pour justifier l’enseignement de leur matière au collégial. Le Devoir leur avait lancé le défi, au printemps dernier, de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un grand penseur enseigné au collégial. Nous reprenons aujourd’hui notre série bimensuelle.
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L’affaire n’en finit pas de rebondir depuis le printemps dernier. Pour le commun des mortels, elle paraîtra anecdotique, tournant autour d’une querelle d’experts ne le concernant guère : que faudrait-il améliorer dans les programmes d’histoire au secondaire des écoles du Québec ? Doit-on, comme l’annonçaient certains documents du ministère de l’Éducation, épurer l’histoire d’épisodes jugés trop conflictuels comme ceux de la rébellion des Patriotes ou de la conscription forcée de 1917 pour donner une plus grande place à une vision historique davantage « plurielle » ?
Et au-delà, comment doit-on en présenter les termes ? De manière classique en insistant sur les dates et la chronologie ou, au contraire, en faisant référence aux mentalités, aux grandes problématiques culturelles sous-jacentes ? Et chacun — pédagogue, historien, ministre même — d’y mettre son grain de sel et, par journaux interposés, d’en rajouter.
Mais comment comprendre une telle polémique sinon en imaginant qu’il y a là le symptôme de quelque chose touchant au devenir même de notre société ? Quelque chose qui fait problème et qu’il faut chercher à décrypter, loin des aléas de la polémique journalistique ? Et c’est ce à quoi pourrait servir la philosophie, une philosophie branchée sur les temps présents : nous aider à prendre nos distances vis-à-vis des illusions surgies de l’immédiat et en même temps nous donner les moyens de saisir ce qui se joue aux « temps présents », d’en appréhender les enjeux et les défis pour nous, les « vivants d’aujourd’hui ».
Or, concernant cette affaire de programme d’histoire, il y a un philosophe et homme de lettres d’origine juive qui pourrait bien nous être utile : Walter Benjamin (1892-1940). Il mort depuis longtemps et dans des circonstances tragiques : il s’est suicidé en septembre 1940 après avoir été arrêté par la police franquiste, à la frontière espagnole, alors qu’il cherchait à fuir la persécution nazie. Sans doute est-il considéré comme un intellectuel atypique et inclassable, proche de l’école de Francfort, dont la pensée s’enracinant dans la mystique juive n’a cessé d’évoluer, puisque, après s’être intéressé aux questions du langage puis à celles de l’art et de la littérature, il a porté attention, dans le sillage d’une féconde rencontre avec le marxisme, à l’histoire et à son rapport au politique.
C’est le Benjamin sur lequel nous nous arrêterons : celui de la dernière période, celui des thèses Sur le concept d’histoire, écrites peu avant sa mort et qui, au fil de 18 propositions extrêmement denses et sibyllines, nous ouvrent à une conception de l’histoire tout à fait étonnante. De quoi changer plusieurs de nos perspectives les plus enracinées en la matière... et apprécier peut-être plus justement cette querelle sur les programmes québécois d’histoire.
Bien sûr, n’importe quel écolier saura vite — combien de fois l’a-t-on répété ? — qu’il faut connaître l’histoire pour « mieux saisir le présent et tenter de peaufiner l’avenir ». Mais Benjamin a le mérite de nous pousser au-delà de ces évidences premières, ou plutôt de nous en montrer le sens caché. Et cela, parce qu’il s’attaque de plein fouet à « la conception progressiste » de l’histoire, qu’une grande partie d’entre nous partage au quotidien. Nous sommes, en effet, dans nos sociétés technologiques avancées, généralement prisonniers d’une conception mythique de l’histoire. Une conception qui voit dans l’histoire une réalité inéluctable ; mieux, une prescription à laquelle personne ne peut échapper, nous rappelant sur le mode du diktat implacable qu’il nous faut progresser, nous adapter, être de notre temps, en somme ne point être en retard sur le chemin de l’histoire.
Car nous avons fini par intérioriser en Occident une conception de l’histoire toute tournée vers l’avenir et qui voit celle-ci — sur le mode hégélien — comme une longue route vers le progrès, une route naturelle et inexorable qui, tôt ou tard et quels que soient les détours douloureux qu’elle implique, nous rapprochera du mieux. À la manière d’un vaste escalier mécanique qui, marche après marche, nous tirerait inéluctablement vers des sommets rayonnants. N’est-ce pas ainsi qu’un certain marxisme vulgaire présentait l’arrivée du communisme, ou que les pays industrialisés avancés justifient, au nom de la civilisation, l’occupation ou la colonisation des contrées du Sud jugées en retard ?
C’est en prenant l’exact contrepied de cette approche que Walter Benjamin, lui, va penser l’histoire, nous invitant à l’appréhender, non pas en regardant vers l’avenir mais, au contraire, en nous tournant vers le passé et en imaginant le moment du présent comme le moment clef où, grâce au pouvoir de l’action humaine, l’histoire pourrait changer de sens. Résultat : toute la perspective générale se modifie. L’histoire n’est plus cette marche triomphale vers le bien mais, comme Benjamin le dit si bien dans sa thèse 9, « cette tempête que nous appelons progrès » dans le sillage de laquelle s’amoncellent « ruines sur ruines » comme « une unique et seule catastrophe ». Car, avec l’oeil de Walter Benjamin, on se voit obligé de prêter attention à ce qu’on a trop tendance à passer sous silence, aux ruines et aux décombres, aux vaincus et aux oubliés que l’histoire a laissés inexorablement derrière elle, et ils sont innombrables !
L’idée ne vous paraît pas claire ? Tournez-vous donc vers le passé du continent nord-américain et songez aux terribles ravages et défaites dont a été synonyme l’histoire états-unienne : depuis l’extermination des peuples autochtones en passant par l’esclavage des Noirs venus d’Afrique ou l’exploitation des peuples latino-américains, sans même parler de l’ombre portée, il y a quelques décennies à peine, par les bombes atomiques larguées sur le Japon d’Hiroshima et Nagasaki. « Tout témoignage culturel » n’est-il pas, comme le dit Benjamin, « en même temps témoignage de barbarie » ? Et, cette fois plus près de nous, au Québec, songez aux autochtones décimés, aux femmes opprimées, songez aussi à la Conquête britannique du XVIIIe siècle, à la Rébellion brisée des Patriotes du XIXe, à tous ces désirs inaccomplis d’affirmation, de souveraineté ou d’indépendance qui, contrepoint au mépris, à l’oubli et à la soumission obligée, courent depuis tant et tant de temps.
Mais brosser ainsi l’histoire à rebrousse-poil, c’est en quelque sorte la complexifier et ne plus l’appréhender, comme l’explique Benjamin, avec les seuls yeux des « vainqueurs ». C’est apprendre à la redécouvrir avec les yeux des « vaincus », avec leurs espérances et leurs luttes inachevées, leurs désirs inaccomplis. C’est aussi mettre l’accent sur le moment présent qui devient dès lors un moment décisif, le moment d’une remémoration active de ce qui a été censuré par les vainqueurs, l’occasion d’une réactualisation toujours possible des désirs de changement des vaincus.
La rectitude politique des vainqueurs
À suivre ces premières explications, certains pourront penser qu’il n’y a là rien de vraiment extraordinaire dans la mesure où c’est ce que nos sociétés contemporaines seraient en train de faire, notamment via les impératifs si largement intériorisés de la rectitude politique. Le pape Jean-Paul II n’a-t-il pas fait, par exemple, oeuvre de mémoire en se rendant à Auschwitz et en exprimant ses regrets pour la tragédie de la Shoah ? Et que dire de l’État français qui considère depuis 1998 que la traite des Noirs a été un crime contre l’humanité, instituant même le 10 mai comme journée commémorative ? C’est l’intérêt de Benjamin : il nous permet rétrospectivement d’apercevoir les limites de la rectitude politique contemporaine qui — parce qu’elle s’enferme dans des commémorations déliées des enjeux du présent et ne combine pas mémoire à intervention sur la vie d’aujourd’hui — reste prisonnière du discours des vainqueurs.
À quoi peut-il servir, en effet, de se souvenir de l’Holocauste si cette remémoration ne nous mobilise pas contre les vainqueurs de notre temps et, par conséquent, contre les génocides d’ici et maintenant et les crimes contre l’humanité qui s’imposent là, en ce moment même, en somme, contre la barbarie de la guerre et de l’oppression de ce début de XXIe siècle ?
C’est que, pour Benjamin, le centre de gravité de l’histoire gît dans « le présent lui-même » puisque c’est à travers lui et lui seul que l’histoire pourrait changer de cours, reprendre à son compte les rêves passés des vaincus. D’où son appel aux vivants que nous sommes ! Parce que, selon lui — fidèle ici au messianisme juif qu’il laïcise pourtant de part en part—, « nous sommes attendus » par les cohortes de vaincus d’hier. Et parce qu’il dépend de nous, de la « faible force messianique dont nous disposons », que leur défaite se répète et s’éternise ou qu’au contraire elle s’interrompe et qu’ainsi l’histoire change de sens. Voilà pourquoi, pour Benjamin, « la politique prime l’histoire » car elle est l’expression même de ce pouvoir dont les humains pourraient disposer sur le présent. Au-delà de tous les fatalismes ou déterminismes historiques !
Une conception subversive de l’histoire
Inutile de souligner ce qu’une telle approche de l’histoire a de subversif et de questionnant pour nous. Et gageons que Walter Benjamin ne verrait pas d’un mauvais oeil, du fond de sa tombe, qu’on se serve de ses intuitions pour tenter d’éclairer notre réalité et traquer ses points aveugles ! Car, même du plus loin, l’histoire reste un enjeu, et d’abord pour nous qui vivons aux temps présents. Son interprétation engage l’aujourd’hui et renvoie d’une manière ou d’une autre aux luttes qui s’y déroulent, au rôle que nous y jouons, choisissons d’y jouer.
En ce sens, les programmes d’histoire, - fussent-ils du primaire -, ne sont jamais innocents car ils parlent tout autant de l’histoire passée que des préoccupations des vivants d’aujourd’hui et des grands conflits qui les déchirent. Et si l’on aspire à épurer ces programmes en voulant leur ôter leur dimension conflictuelle, c’est que, dans le sillage des préoccupations des vainqueurs, on cherche aujourd’hui à faire taire non seulement les aspirations des vaincus mais encore la possibilité que ces dernières soient réactualisées et que cela puisse changer le cours de l’histoire. On cherche — et c’est ce que nous rappellerait Benjamin — à éteindre ces « étincelles d’espérance » qui scintillent pourtant inlassablement au coeur de l’histoire. Et qui douterait, à avoir ainsi apprivoisé sa pensée, que cela ne concerne pas aussi les rêves d’émancipation sociale et nationale qui hantent depuis tant de temps les femmes et les hommes du Québec ?
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Pierre Mouterde Professeur de philosophie au Collège Limoilou à Québec
Pierre Mouterde a publié récemment Repenser l’action politique de gauche - Essai sur l’éthique, la politique et l’histoire (Écosociété).
Prochain Devoir de philo, le 23 septembre : « Coménius contre la réforme », par Régine Pierre.
Faites parvenir vos suggestions et commentaires à Antoine Robitaille et Louis Samson à arobitaille@ledevoir.com. |
|  | | Michel Indépendantiste

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 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Sam 9 Sep - 16:34 | |
| Pas d'histoire Jean Larose LeDevoir 5.2.00 ------------------------------------------------------------------------
Conquête ou Cession de 1760? Le présent débat d'historiens dans les pages du Devoir (Bouchard contre Saul) ne présenterait pas d'intérêt s'il ne s'agissait que de définir un événement ancien. En réalité, la querelle sur le nom qu'il convient de donner à ce qui nous est arrivé au dix-huitième siècle revient à poser la question suivante : le Canada est-il le fruit d'une alliance ou d'un conflit entre ses nations fondatrices? Entre le français et l'anglais, les fédéralistes tiennent que c'est l'alliance, les souverainistes le conflit, qui fut et qui demeure, sauf le respect dû aux nations indigènes, le ferment historique de l'histoire du Canada. Les fédéralistes oublient volontiers que lors d'un pacte entre deux parties inégales ce n'est pas la satisfaction du supérieur qui permet d'en comprendre le sens historique (surtout si ce pacte lui conserve sa position), mais l'insatisfaction de l'inférieur- le fait que pour lui ce pacte ne saurait être la fin de l'histoire. À cet égard, on peut dire que le Canada est un perpétuel effort de ceux auxquels le pacte fédératif profite pour refouler l'histoire comme lutte entre des parties inégales et lui substituer une vision conciliatrice de pays sans conflit, de pays sans histoire. Qu'il ait été sur le moment conquête ou cession, c'est justement l'inégalité objective entretenue ensuite par les Anglais, la domination effective subie par les Canadiens français et leur conscience de cette infériorité qui ont conféré rétrospectivement à l'événement de 1760 son sens historique de Conquête. Faut-il rappeler les travaux des historiens sur les empêchements systématiques dressés au dix-neuvième siècle par le pouvoir colonial au financement bancaire des marchands de langue française, politique qui repoussa vers le petit commerce et l'idéologie de survivance une classe d'affaires dynamique qui ne demandait qu'à se développer et devenir une bourgeoisie comme les autres? Est-ce d'un commun accord sublime entre deux peuples que le français fut interdit dans les écoles du Manitoba? Comment expliquer que Diefenbaker ait autorisé les chèques bilingues (!!!) au Canada, sinon par le fait qu'ils étaient jusque là interdits? Et Pierre Trudeau aurait-il eu à faire adopter une loi sur les langues officielles si le gouvernement canadien n'avait été dominé par l'anglais? On se sent un peu bête d'avoir à rappeler des faits aussi élémentaires... mais nous en sommes là dans le refus de l'histoire, c'est-à-dire dans la dénégation de la guerre des langues qui a façonné le Canada. Certes, les historiens comme John Saul se défendent de vouloir refaire l'histoire et reconnaissent que "bien des injustices ont été commises", mais au vu des conclusions auxquelles ils aboutissent, ce n'est qu'une clause de style : pour eux l'important est de nier que l'inégalité entretenue entre les deux langues au profit de l'une d'entre elles ait été le moteur historique essentiel du Canada. La fameuse "fatigue" constitutionnelle des Canadiens et des Québécois n'est qu'un prétexte supplémentaire pour ne pas admettre la réalité, que le problème québécois n'est pas constitutionnel, qu'il est historique, et que c'est pour cela qu'il ne disparaît et ne disparaîtra pas. C'est un défaut de construction dans les fondations du pays, il ne suffit pas d'en être las pour qu'il s'évanouisse. Sans doute, "pas d'histoire" est-il en quelque sorte la devise naturelle d'un pays peuplé d'immigrés. Ottawa, la Gazette et le réseau CTV misent d'ailleurs à fond sur le désir des nouveaux Québécois de vivre désormais sans histoire afin de les désolidariser des Québécois historiques. (Je connais pourtant deux familles de réfugiés, venus jadis au Québec de pays déchirés par l'histoire, qui auraient de sanglantes raisons de ne plus rien vouloir savoir de l'histoire et qui ont pourtant épousé la cause souverainiste et voté oui au dernier référendum - admirable solidarité historique, si injustement bafouée par la petite phrase de Parizeau sur le "vote ethnique"). Mais le refus ouvert de reconnaître l'existence même du conflit auquel a répondu historiquement la lutte nationale des Québécois fonde aujourd'hui non seulement la propagande antiquébécoise des fanatiques du Suburban et de CFCF, mais la pensée de l'intelligentsia à travers le ROC. Une vision bonne-ententiste de l'histoire canadienne redéfinit le nationalisme canadien-français et l'indépendantisme québécois comme des fabrications idéologiques artificielles d'une minorité de francophones aux ambitions dominatrices frustrées. C'est tout l'héritage historique de la nation qu'on tente ainsi de travestir en névrose revancharde et délire paranoïaque de loosers jaloux du succès des Anglais, ces honnêtes travailleurs. Le livre de William Johnson en 1991, qui "démontrait" que la littérature québécoise n'a pas d'autre motif ou inspiration que la haine des Anglais, en est l'exemple le plus consternant. Comme ces idéologues de la droite américaine qui rejettent la faute de la pauvreté sur les pauvres et leur "culture de la pauvreté", les penseurs canadiens déforment aujourd'hui le mouvement national québécois en infériorité rentable et posture de chantage constitutionnel. En témoigne encore le portrait récent, par un auteur ontarien, de Claude Jutras en suicidé du nationalisme québécois. Quant aux médias canadiens, le ressentiment haineux au quotidien conditionné par la propagande nationaliste, voilà qui explique désormais pour eux toute revendication québécoise; et voilà, cher Stéphane Dion, cher collègue universitaire détourné du travail intellectuel dans la politique (l'histoire vous pardonne!), les folies que vous attisez dans l'esprit des Canadiens anglais en mal d'explications faciles, et voilà aussi pourquoi même ce que vous pouvez dire de mesuré et d'intelligent semble de mauvaise foi au Québec : votre discours est animé par un refus profond de l'histoire comme conflit dynamique, c'est-à-dire un refus de la vision historique d'eux-mêmes qu'une majorité de Québécois ont reçu en héritage et chérissent avec raison. Il importe plus que jamais de maintenir le conflit canadien ouvert et vivant. Hélas, le gouvernement de Québec semble pour l'heure incapable d'assumer une telle responsabilité historique... On en lira plus dans : J. Larose, La souveraineté rampante, Boréal. |
|  | | Michel Indépendantiste

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 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Lun 11 Sep - 12:27 | |
| Notre Histoire revisitée
Marie Mance Vallée Tribune libre de Vigile - dimanche 10 septembre 2006 ------------------------------------------------------------------------
Je lis sur Vigile quelques articles qui font référence à l’Histoire des authentiques fondateurs de ce pays. Ceux que certains appellent parfois avec dérision et mépris, les Québécois de souche ; ces apatrides dans leur propre pays.
1) Quelle histoire ! Il n’est jamais facile de reconstituer le plus justement le passé avec des traces partielles et partiales Luc Guay, Le Devoir, samedi 2 septembre 2006.
et en Rappel, Vigile, 10 septembre 2006
2) Pas d’histoire, Jean _ _ _ Larose, Le Devoir, 5-2-00.
À la lecture de ces articles, je me permets d’apporter une autre manière de voir les choses. Une approche qui me semble tout à fait nouvelle et différente puisqu’elle est fondée en droit.
En effet, le 17 avril dernier, je demandais à mon procureur, Me Christian Néron de Québec, de déposer à la Chancellerie du consulat de France une requête afin que me soit délivré un passeport par les autorités françaises. Il joignait à la requête un mémoire où il est démontré que,
« bien que je sois née au Québec de parents québécois d’ascendance française, je serais toujours une naturelle française, au même titre que mes ancêtres français venus s’établir en Nouvelle-France. Ce mémoire démontre, pour l’essentiel et avec autorités à l’appui, que le traité de Paris de 1763, quoique formellement ratifié par le roi de France et enregistré par le Parlement de Paris, n’aurait jamais dépouillé les habitants de la Nouvelle-France de leur statut de naturels français, laissant intact leur droit, confirmé par deux ordonnances royales, d’aller, de retourner, d’habiter en France, à leur choix, quand bon leur semblerait, et ce, sans être tenus de prendre aucune lettres de déclarations ni de naturalité.
Selon l’argumentation présentée dans ledit mémoire, cet état de fait serait dû à des vices de forme et de consentement commis lors des négociations du traité de paix. Ainsi, en vertu des lois fondamentales du royaume de France, les rois, bien que seuls habilités à conclure des traités, ne pouvaient céder légalement aucun territoire ni aucune parcelle du domaine de la Couronne sans avoir, au préalable, obtenu l’assentiment des États Généraux du royaume ; ce qui ne fut jamais demandé. De même, toujours en vertu desdites lois, les rois de France ne pouvaient céder légalement leurs sujets ni aucun peuple du royaume sans avoir demandé, et obtenu, leur consentement ; ce qui n’a jamais eu lieu non plus. Ces deux graves omissions s’expliquent par le fait que les rois de France et d’Angleterre se sont trop empressés de conclure leur traité de paix en omettant, sciemment, de se conformer à des dispositions incontournables du droit constitutionnel français. Bien qu’il soit inconstestable que Louis XV a bel et bien signé, de sa main, le texte final du traité de Paris, il n’en demeure pas moins qu’il a omis, tout d’abord, de convoquer les États Généraux et, par la suite, de solliciter auprès des habitants de la Nouvelle-France leur consentement à devenir les sujets du roi d’Angleterre. En d’autres mots, et pour paraphraser une formule plus contemporaine, le droit constitutionnel français leur garantissait le droit de donner une réponse claire à une question claire avant qu’ils ne puissent être cédés légalement à un souverain étranger ; ce qui ne fut même jamais abordé avec la population concernée.
Ironiquement, les autorités anglaises étaient bien au fait de ces particularités propres au droit constitutionnel français, mais, tellement enpressées de conclure l’entente convoitée, elles ont consenti à s’engager dans un traité alambiqué, portant en lui-même les germes de sa propre destruction. Ainsi, les habitants de la Nouvelle-France ont été cédés à un souverain étranger en violation de leurs droits consitutionnels, droits pourtant explicitement garantis par deux ordonnances royales. Force est donc de conclure que ces habitants n’ont jamais perdu leur statut de naturels français, que leurs descendants ont conservé ces mêmes droits, et que cette démarche est strictement fondée en droit. » (source : Requête de Marie Mance Vallée au soutien de la reconnaissance de son statut de vraie regnicole et originaire française, Me Christian Néron, 17 avril 2006. Pour lire le texte complet dudit mémoire cliquer sur http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3 ?art=1974 )
Nota bene : Monsieur Gérard Serre, consul à Montréal, m’informait le 18 juillet dernier, que la requête ainsi que le mémoire qui l’accompagnait, avaient été déposés par la Chancellerie du consulat de Québec, au Ministère de la Justice à Paris, et ce, pour examen. Le Collectif Nationalité française est en attente d’une décision du gouvernement français.
Comme quoi, notre Histoire aurait intérêt à être revisitée et abordée différemment. Ainsi, nous pourrions mettre fin à notre état d’apatrides dans ce pays que nous avons fondé.
Marie Mance Vallée Le 10 août 2006 |
|  | | Michel Indépendantiste

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 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Lun 11 Sep - 16:13 | |
| Agenda scolaire propagandiste
Bernard Desgagné Tribune libre de Vigile - lundi 11 septembre 2006 ------------------------------------------------------------------------
Mme Kim Anne De Champlain Directrice École Saint-Jean-Bosco Gatineau, Québec
Madame,
Après avoir lu les articles dans les journaux, notamment dans le Devoir, au sujet des agendas scolaires Historica de la société Premier, qui ont été bannis à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), j’ai jeté un coup d’oeil à l’agenda de mon fils, qui fréquente l’école primaire Saint-Jean-Bosco. J’en ai été horrifié. Permettez-moi de vous dire en détail pourquoi vous devez retirer le plus tôt possible cet agenda des mains des élèves.
Tissu de propagande
L’agenda de mon fils, que votre école a acheté avec l’argent des parents, est effectivement l’agenda Historica dont parlent les médias. C’est un tissu de propagande qui n’a pas sa place en milieu scolaire. Loin d’être purement éducatif, il accorde très peu de place à la réalité québécoise. Il a manifestement été traduit de l’anglais au français et met l’accent sur les réalisations, les personnalités et les auteurs de l’Amérique du Nord anglo-saxonne. On y parle notamment de la construction du chemin de fer transcanadien, à la fin du XIXe siècle, de Sir Sanford Fleming, l’inventeur des fuseaux horaires, ainsi que des athlètes Debbie Brill, Kurt Browning, Ian Millar et Marilyn Bell. Mais ne cherchez pas dans l’agenda Historica les Jean-Luc Brassard et autres olympiens québécois auxquels les médias du Canada anglais, Don Cherry en tête, ont souvent reproché leur prétendue allégeance séparatiste. Vous ne trouverez aucun champion québécois dans l’agenda Historica. Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur n’ont jamais existé.
À la page 131, dans l’un des rares passages concernant le Québec, on écrit que, lors de la Révolution tranquille, le Québec a décidé de créer ses propres programmes sociaux plutôt que d’utiliser les programmes « nationaux » existants. Pourtant, c’est plutôt le Canada qui, dans nombre de cas, a imité les programmes mis sur pied au Québec, comme le gouvernement libéral de Paul Martin voulait le faire encore récemment avec son projet de programme de garderies. Voilà un exemple patent de dénigrement du Québec. On gomme des pans entiers de l’histoire du Québec et après, on ose dire qu’on fait de l’éducation.
Aux yeux des auteurs de l’agenda, qui taisent les injustices, les scandales et la corruption ayant entaché la construction du chemin de fer transcanadien, les Québécois n’ont sans doute aucun mérite d’avoir construit de grands ouvrages hydroélectriques grâce à la nationalisation de l’électricité. Les auteurs de l’agenda sont les dignes héritiers des prophètes de malheur des années 1960, valets des producteurs d’électricité privés, qui prédisaient la fin du monde si le Québec nationalisait son électricité. L’agenda Historica préfère passer sous silence le fait que René Lévesque a envoyé ses fonctionnaires à New York pour négocier les emprunts nécessaires à la nationalisation de l’électricité, emprunts que la ligue des beaux-frères banquiers de Toronto ne voulait pas lui consentir. Tous ces faits d’armes et bien d’autres encore ne méritent pas d’être mentionnés dans l’agenda Historica. Car, dans la perspective Historica, les Québécois ne peuvent rien accomplir de bon sans le Canada. Hors du fédéralisme inconditionnel, point de salut.
Devinettes, Ô Canada et auteurs anglais
Les devinettes de l’agenda sont rarement intéressantes et souvent carrément ridicules. Ainsi, on nous demande combien l’État fédéral canadien a payé pour acheter les droits d’auteur sur les paroles anglaises de l’Ô Canada. De plus, on commet dans l’agenda d’inexcusables fautes de français, comme à la page 123, lorsqu’on dit que la devise du Canada, a mari usque ad mare « signifit d’un océan à l’autre ». Évidemment, il ne faut pas s’attendre à ce que les disciples d’Historica connaissent l’existence des fruits du génie informatique québécois, comme le logiciel Antidote, un correcteur orthographique qui leur aurait sans doute permis de bien conjuguer le verbe « signifier ».
Quand il est question de musique, dans l’agenda, c’est pour parler de l’Ô Canada et nous dire que c’était autrefois une chanson exprimant la culture française au Canada, qui a été chantée pour la première fois « à la Saint-Jean-Baptiste » et qui est devenue l’hymne national du Canada. Autrement dit, vous, les Québécois, n’existez plus vraiment, ni comme peuple, ni comme nation. Votre fête nationale n’existe pas non plus et le 24 juin n’est qu’un vestige de votre passé religieux. Depuis l’époque où vous vous appeliez des Canadiens, puis des Canadiens français, vous avez été absorbés par le Canada, qui a phagocyté votre identité et qui s’est arrogé l’usage exclusif des mots et des chansons que vous avez vous-mêmes inventés pour vous définir.
Les citations contenues dans l’agenda sont presque toutes issues de l’Amérique du Nord anglo-saxonne. J’en ai trouvé une seule qui vient de la bouche d’un Québécois. Il s’agit de quelques paroles légères de la chanson Demain l’hiver, de Robert Charlebois, qui font allusion à la célèbre chanson de Gilles Vigneault, Mon pays, c’est l’hiver. Mais de Gilles Vigneault lui-même, un véritable monument que pratiquement personne ne connait au Canada anglais, nulle trace dans cet agenda. Il y a bien aussi la citation de Julie Payette, mais cette femme a surtout été l’instrument de l’orgueil canadien dans l’espace. Du reste, je ne suis pas certain qu’elle ait prononcé les mots qu’on lui attribue en français. La plupart du temps, comme tous les Québécois récupérés par le tentaculaire État fédéral, Julie Payette doit s’exprimer en anglais au travail.
En fait de lectures, l’agenda Historica propose aux élèves des livres comme Anne... la maison aux pignons verts, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, Charlie et la chocolaterie et Petit Stuart, toutes des oeuvres composées en anglais, puis traduites en français, à l’image du Canada. Aussi bien dire qu’il ne s’écrit rien d’intéressant en français, tant qu’à y être. L’agenda propose aussi aux jeunes le livre de poésie pour enfants Ragoût de crocodile, de l’auteur Dennis Lee. Il s’agit bien entendu encore une fois de la traduction française d’un ouvrage écrit en anglais. L’agenda mentionne Ookpik, le harfang des neiges, personnage créé par Dennis Lee. On aurait peut-être pu mentionner ailleurs dans l’agenda que le harfang des neiges est l’oiseau emblématique du Québec, mais les auteurs de l’agenda l’ignorent probablement.
Minutes du patrimoine Historica
L’agenda Historica, qui est marqué d’une feuille d’érable au bas de presque toutes les pages, renvoie constamment le lecteur aux minutes Historica, c’est-à-dire aux minutes du Patrimoine dont on a tant parlé en rapport avec le scandale des commandites. Il nous renvoie aussi au site de la fondation Historica, le bébé de Peter Bronfman, que ce dernier a mis au monde pour vendre le Canada aux Québécois en édulcorant leur histoire. Au Canada, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Les conflits n’ont été que des orages vite dissipés, et les deux grandes ethnies, l’anglaise et la française, ont bâti le pays main dans la main. Historica fait carrément du lavage de cerveau, ce qui est tout à fait incompatible avec la mission de l’école québécoise.
Une seule solution : le remplacement
Il y a selon moi une seule solution qui s’offre à l’école Saint-Jean-Bosco : le remplacement pur et simple de l’agenda Historica, à l’instar de ce qui s’est fait à la CSDM. Cet agenda propagandiste doit être remplacé par le véritable instrument d’éducation auquel ont droit les jeunes Québécois. Je n’accepterai pas que mon argent serve à financer une pareille opération de propagande, surtout pas à mon insu, et je ne laisserai pas mon fils trimbaler avec lui toute une année une pareille insulte aux Québécois.
D’ailleurs, je comprends mal comment votre école a pu faire une pareille erreur de jugement. Pourquoi diable avez-vous eu besoin d’aller chercher des agendas si loin, au Canada anglais, alors qu’il existe justement un fabricant québécois d’agendas en Outaouais, la société Aupel, qui fabrique de bons agendas utilisés notamment dans au moins une école de votre commission scolaire, l’école secondaire de l’Île. Je vous signale qu’au lieu des citations sans intérêt de l’agenda Historica, les agendas Aupel contiennent par exemple des définitions d’expressions figées françaises et des suggestions pour remplacer les nombreux anglicismes qui nous font malheureusement oublier les formules simples et claires de notre langue.
Donc, j’exige que l’agenda Historica soit remplacé dans les plus brefs délais.
Bernard Desgagné Gatineau, Québec
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 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Mer 13 Sep - 12:16 | |
| | 1759 - Les troupes anglaises assiègent de nouveau Québec. Les Anglais prennent possession de l'île d'Orléans le 27 juin. Des bombardements s'échangent tout au cours de l'été jusqu'au jour fatidique du 13 septembre 1759 : à 2 heures du matin, James Wolfe et ses 4 000 soldats débarquent à l'Anse au foulon et réussissent à tromper une sentinelle québecoise. Vers 4 heures, ils sont installés sur les plaines d'Abraham en deux rangées et attendent patiemment les Québecois . |
|  | | Michel Indépendantiste

Inscrit le : 24 Oct 2005 Messages : 1826
 | Sujet: Re: Discussions , commentaires et ajouts historiques 1534 à 2006 Jeu 21 Sep - 16:22 | |
| C’est un rappel historique ou de la haine ?
Xavier Dionne Tribune libre de Vigile - mardi 19 septembre 2006 ------------------------------------------------------------------------
Bernard Amyot, dans un texte publié le 18 septembre 2006 dans les pages du Devoir, se propose de rétablir en bonne et due forme la mémoire collective des Québécois à propos d’un des personnages politiques de notre belle province, nul autre qu’Adélard Godbout. Dans sa lettre titrée « Adélard Godbout, la mémoire occultée », il tente de rétablir et de sauver envers et contre tous l’honneur du premier ministre québécois qui précéda, dans sa fonction, Maurice Duplessis. Or, il me semble que l’auteur des lignes en question verse soit dans l’hypocrisie, soit dans la propagande ou soit dans l’ignorance.
Tout d’abord, M. Amyot s’appuie sur une conception de la démocratie plutôt farfelue pour qualifier Godbout de démocrate. En effet, il confond deux choses : démocratie et conscription. Selon lui, Godbout se distingue des politiciens de son temps non seulement par les mesures progressistes qui ont caractérisé son règne (droit de vote aux femmes, école publique gratuite, Hydro-Québec), mais aussi par les mesures rétrogrades et anti-démocratiques qu’il imposa à la nation canadienne-française.
Ainsi, il louange sans retenue la décision de Godbout d’imposer la conscription de concert avec Mackenzie King (qu’il qualifie aussi de démocrate). Inutile de rappeler, je l’espère, que King avait remporté les élections sur la promesse de ne pas imposer la conscription ; promesse dont il s’est libéré après un référendum national. Pour M. Amyot, cette décision s’inscrit dans un cadre anti-fasciste. C’est tout comme si ceux qui refusent la conscription refusent aussi de se battre contre le régime nazi. Il n’en est pourtant rien. Le refus de la conscription représente le refus d’un peuple d’être obligé de se battre, et non un appui au camp adverse. En 1942, 71% des Québécois étaient opposés à la conscription. Le 30 septembre 1939, Adélard Godbout, avait déclaré : « Je m’engage sur l’honneur, en pesant chacun de ces mots, à quitter mon parti et même à le combattre, si un seul Canadien français, d’ici la fin des hostilités en Europe, est mobilisé contre son gré sous un régime libéral, ou même un régime provisoire auxquels participeraient nos ministres actuels dans le cabinet de M. King ».
C’est par un lien pernicieux que M. Amyot dérive ensuite sur le nationalisme qu’il prend bien soin de lier à des mots tels « nazi, Duplessis et clérical ». C’est un discours que l’on entend très souvent lors des différentes campagnes de peur organisées par le fédéral (souvenons-nous du « naziste » de Jean Lapierre, ou encore de « la grande noirceur » de Jean Charest qualifiant la période péquiste avant son élection). C’est aussi excessivement facile, démagogue et intellectuellement malhonnête. Amyot soutient aussi que Godbout a contribué à émanciper les Canadiens Français. Je me demande comment un parti aussi lié et soumis au parti libéral que put l’être celui de Godbout aurait pu aider à émanciper les canadiens français. En les envoyant se battre de force, une botte sur le visage ? Bref, voilà une autre chose qui aurait mérité un peu plus de nuance. Passons.
L’auteur semble percevoir un lien intrinsèque entre nationalisme et duplessisme. Encore une fois, il se met le doigt dans l’œil. Il faut lire André Laurendeau sur le sujet, qui développe le concept de « roi-nègre ». Par son apparence nationaliste, Duplessis a gardé le pouvoir tout en maintenant la population dans un état de domination. Chose qui s’est vue, aussi, dans les colonies africaines. Le « roi-nègre » conserve son titre afin que la domination blanche puisse subsister sans qu’il y ait risque de soulèvement. Duplessis n’a jamais, pourtant, fait la promotion de l’indépendance du Québec. Il n’a jamais, non plus, été aidé par Le Devoir, tel que l’auteur le soutient. Le Devoir fut l’un des seuls journaux qui n’était pas sous le contrôle du premier ministre, et ses journalistes étaient d’ailleurs exclus des conférences de presse. Mais où donc M. Amyot est-il allé chercher toutes ses informations, je me le demande.
Amyot finit par nous dire que les dirigeants nationalistes sont restés ancrés dans un esprit clérical et rétrograde. Ces généralisations me portent à croire que c’est lui-même qui est resté ancré dans une ère duplessiste passée depuis belle lurette. Où était-il lorsque le mouvement nationaliste a propulsé le Québec dans l’ère de la modernité, lorsque le nationalisme a obligé le fédéral à bouger, à mettre « les sièges en jeu », à essayer de trouver des solutions aux problèmes socio-économiques du Québec ?
Là où l’auteur frôle la raison, c’est lorsqu’il nous dit que le Québec possède une « culture de victime ». Adélard Godbout en fut un exemple, lorsqu’on considère son assujettissement complet au parti libéral fédéral et à ses directives.
Il est cependant dans l’erreur lorsqu’il affirme que les nationalistes (pour ne pas dire souverainiste, bien entendu) vilipendent sans cesse Godbout. C’est d’ailleurs Jean-Pierre Charbonneau, alors président de l’Assemblée nationale - aussi clérical et rétrograde, si l’on en croit les propos de M. Amyot - qui prononça un discours plus que flatteur pour les mesures progressistes de l’homme politique lors de l’inauguration d’un monument en l’honneur de ce personnage soi-disant « occulté ».
Pour finir, il semble évident qu’Amyot tente d’exprimer sa haine aveugle à travers un texte visant à rappeler la mémoire d’un personnage de notre histoire. Les liens malhonnêtes succèdent aux invectives insensées dans un texte où l’on peut constater une absence complète de toute nuance.
Que l’on se souvienne, soit. Là, je suis d’accord. Mais que l’on se souvienne bien !
Xavier Dionne Étudiant au Bacc en science politique à l’UQAM Montréal, 18 septembre 2006 |
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