FrançoisHarvey

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| Sujet: Le Kosovo entame sa marche vers l'indépendance Mar 11 Déc - 10:48 | |
| Le Kosovo entame sa marche vers l'indépendance 10.12.07 | 22h11
par Matt Robinson
PRISTINA, Serbie (Reuters) - La marche du Kosovo vers l'indépendance a pris corps lundi, à l'échéance du délai fixé pour un règlement négocié sur l'avenir de la province sécessionniste serbe.
Trois jours après la remise, par la troïka des médiateurs internationaux (Europe, Etats-Unis, Russie), d'un rapport aux Nations unies constatant l'échec de quatre mois de pourparlers, les Kosovars albanais ont annoncé qu'ils allaient entamer sans tarder des consultations avec leurs soutiens occidentaux pour leur demander de reconnaître leur proclamation d'indépendance.
Celle-ci, selon un porte-parole des négociateurs de la majorité albanophone, "surviendra bien avant le mois de mai", l'idée généralement admise étant qu'elle pourrait avoir lieu à partir de la fin janvier.
"Le Kosovo et le peuple du Kosovo ont un besoin urgent de clarté sur leur avenir", a déclaré Skender Hyseni. "Les institutions du Kosovo offriront bientôt cette clarté. Il n'y pas de date butoir mais il est certain que le Kosovo n'attendra pas trop longtemps."
A Belgrade, le président serbe Boris Tadic a annoncé que son pays réclamerait une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) sur le projet occidental de reconnaissance du Kosovo en tant qu'Etat si la province proclame son indépendance.
"J'ai donné pour instructions il y a quelques heures (...) que l'Etat exige d'urgence que le Conseil de sécurité engage une action auprès de la Cour internationale de justice pour lui demander si l'indépendance du Kosovo serait légale", a déclaré Tadic à la télévision nationale serbe RTS.
L'UE PAS UNANIME
"Si certains Etats la reconnaissent, nous pouvons engager des actions identiques auprès d'institutions de ces pays", a-t-il ajouté en faisant clairement comprendre que Belgrade intenterait des poursuites aux Etats-Unis et au sein de l'Union européenne.
Washington et la plupart des pays de l'UE devraient soutenir l'indépendance du territoire, à laquelle s'opposent farouchement la Serbie et son alliée russe, qui réclament la poursuite des négociations.
Le département d'Etat américain a redit lundi que "le peuple du Kosovo et la région ont besoin de façon urgente de clarté sur leur avenir".
A Bruxelles, l'Union européenne n'est pas parvenue lundi à une position unanime sur l'indépendance du Kosovo mais elle s'est engagée à ne pas retomber dans les divisions qui ont nourri les guerres dans l'ex-Yougoslavie.
L'Espagne, la Slovaquie et surtout Chypre ont encore des réticences.
Pour le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, dont le pays ne veut pas donner des idées à ses propres minorités séparatistes, "jamais dans l'histoire une déclaration d'indépendance unilatérale n'a été positive".
Le Conseil européen de vendredi prochain devrait adopter des "conclusions" afin de dissiper les doutes.
Le laps de temps entre le 10 décembre et la proclamation de l'indépendance sera mis à profit pour négocier avec Pristina les conditions de l'indépendance du Kosovo, notamment en matière de protection de la minorité serbe.
MOSCOU APPELLE A LA PRUDENCE
L'Otan a annoncé qu'elle maintiendrait les 16.000 hommes de sa force au Kosovo (Kfor), quatre bataillons de réserve étant disponibles pour les renforcer au besoin.
Belgrade, qui a proposé une large autonomie à la province, insiste pour que l'indépendance soit reconnue au préalable par le Conseil de sécurité des Nations unies, où Moscou dispose d'un droit de veto. "Ce processus appartient au Conseil de sécurité et à tous les pays membres de l'Onu, pas à l'Union européenne", a déclaré le vice-Premier ministre serbe Bozidar Djelic en marge d'une réunion sur le processus d'adhésion de la Serbie à l'UE.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé que toute proclamation unilatérale risquait de provoquer une "réaction en chaîne" dans les Balkans et "d'autres régions du monde". "Ceux qui élaborent de tels projets doivent en mesurer très attentivement les conséquences", a-t-il averti lors d'une visite à Chypre.
Le médiateur russe dans ce dossier, Alexandre Botsan-Khartchenko, a déclaré à l'agence de presse russe RIA que toute proclamation d'indépendance unilatérale du Kosovo devrait être tenue pour nulle et non avenue.
A Mitrovica, ville mixte et premier point de friction de la province, Slobodan Samardzic, ministre serbe chargé du Kosovo, a inauguré une antenne de son ministère et promis la mise en place d'institutions parallèles pour la minorité serbe.
"La Serbie ne cédera pas. Ce n'est pas terminé!", a-t-il lancé à la presse, promettant une riposte aux extrémistes albanophones tentés par le recours à la force.
Depuis juin 1999, le Kosovo est administré par les Nations unies, appuyées par la Kfor.
Le Conseil de sécurité des Nations unies débattra du Kosovo le 19 décembre, mais Moscou a déjà prévenu que la Russie lancerait un appel en faveur d'un nouveau cycle de négociations, ce que les Etats occidentaux et musulmans jugent inutile.
Version française Jean-Stéphane Brosse
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