
Ici, les indépendantistes peuvent s'exprimer ! (Depuis oct. 2005). Les propos tenus ici n'engagent que leur auteur. |
Manifestation du 1 juillet à Québec! : L'unifolié retournera au Canada http://www.resistancequebecoise.org |
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| Auteur | Message |
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RRQ Ludovic Schneider

Nombre de messages: 924 Localisation: Dans le feu de l'action... Date d'inscription: 14/04/2007
 | Sujet: Manifeste du RRQ Dim 26 Oct 2008 - 23:26 | |
| _________________ "On va s'organiser intelligemment, on va choisir nos terrains et... Nous vaincrons !" Robert Lemieux
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|  | | Nick de La Résistance

Nombre de messages: 38 Localisation: Thérèse-de-Blainville Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Lun 27 Oct 2008 - 0:28 | |
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NOUS VAINCRONS! _________________
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|  | | Rhéal Mathieu
Nombre de messages: 1 Date d'inscription: 25/06/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mar 28 Oct 2008 - 12:24 | |
| Voici le texte du Manifeste.
Manifeste du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ)
Comme son nom l’indique, le RRQ est une organisation de résistance qui considère l’indépendance du Québec comme nécessaire à la survie et au développement de la nation québécoise. Il tire son inspiration de toutes les situations de notre histoire où les Québécois se sont dressés avec courage contre les manœuvres d’anéantissement ou d’assimilation de la part du conquérant britannique de 1760 et de ses collabos canadiens-français.
Le RRQ se réclame de l’esprit des Patriotes de 1837 qui ont mené la rébellion contre l’occupant impérial. Il fait sien l’héritage du RIN de Pierre Bourgault et du Parti Québécois de René Lévesque qui ont redéfini les cadres de la lutte nationale en la posant désormais non plus comme une lutte pour la survivance, mais comme une aspiration à l’Indépendance nationale. Le RRQ entend réhabiliter également les combattants du Front de libération du Québec, qui ont été parmi les premiers dans le développement de la pensée québécoise à dénoncer et à affronter le régime d’Ottawa comme étant illégitime, exploiteur et usurpateur.
Le peuple québécois s’est déjà prononcé en faveur de l’indépendance lorsque, en 1995, les Québécois étaient invités par le gouvernement de Jacques Parizeau à voter pour ou contre cette option. La population du Québec a répondu oui à 49,4%, mais les manœuvres illégales du gouvernement fédéral nous autorisent à rejeter la « victoire » du camp du non et à reprendre le processus vers l’indépendance sur de nouvelles bases. En effet, il est maintenant de notoriété publique que le référendum a été volé par le camp fédéraliste grâce à un détournement frauduleux de la loi référendaire québécoise, et ce, effectué non pas par des citoyens, mais par le gouvernement illégitime d’Ottawa. Par des caisses occultes et des moyens semblables à ceux de la Central Intelligence Agency (CIA), il est intervenu de façon illégale à plusieurs niveaux pour faire déraper un processus que les Québécois voulaient éminemment démocratique. Notamment par la naturalisation artificielle, précipitée et massive de nouveaux citoyens canadiens et en favorisant le vote illégal de Canadiens anglais au Québec lors de cette consultation (le vote des étudiants ontariens en résidence à l’Université Bishop est un exemple patent), l’État canadien a détourné le processus démocratique. Soyons clairs : le peuple québécois a dit oui à l’indépendance en 1995.
De plus, les Québécois se sont exprimés clairement lors de deux grandes commissions nationales visant à dégager un consensus québécois concernant le statut futur du Québec. D’abord, lors de la Commission Bélanger-Campeau en 1992, ensuite lors des audiences de la Commission sur l’avenir du Québec en 1995. Toutes les composantes les plus représentatives de la nation québécoise se sont alors prononcées en faveur de l’indépendance. Le consensus fut très large et très clair : que ce soient les syndicats, les agriculteurs, les associations féminines, les associations étudiantes, les artistes, les enseignants, presque tout l’ensemble des corps constitués de la nation ont pris partie pour l’indépendance, exception faite du Conseil du patronat et de la bourgeoisie coloniale.
Le résultat de 1995, où d’ailleurs plus de 60% de la majorité française historique a voté oui à l’indépendance, doit donc maintenant être considéré comme une volonté manifeste incontournable. Contre ce désir d’indépendance exprimé de nombreuses fois par le peuple québécois, le gouvernement d’Ottawa oppose sa fausse légitimité basée sur une constitution qui n’a jamais été entérinée par le peuple québécois, basée sur un régime qui nous a été imposé par les armes lors de la Conquête de 1760 puis par la répression des Patriotes de 1837-38. Annexés de force en 1840 dans l’Union des deux Canada puis dans la Confédération de 1867 contre l’assentiment populaire, nous regardons le gouvernement d’Ottawa comme étranger à notre vie nationale, impérialiste et colonisateur.
En conséquence, nous considérons que le gouvernement d’Ottawa doit se retirer de toutes les sphères de la vie québécoise le plus rapidement possible. Il doit se retirer de notre territoire et cesser de vouloir représenter notre nation.
L’État Québécois, par son action et la voix de son gouvernement, représente désormais pour nous la seule autorité légitime sur le territoire du Québec. L'État fédéral, résidu de l'empire britannique, n'a plus pour nous aucune légitimité. Notre action désormais ne vise qu'une chose : contrecarrer l'intrusion d'Ottawa dans notre vie nationale et redonner à la nation québécoise, dans le respect des nations amérindiennes, la pleine maîtrise de son destin.
Nous ne reconnaissons donc aucune juridiction d'Ottawa sur le territoire du Québec. Nous ne reconnaissons aucune loi fédérale ni aucune décision de la cour suprême comme applicable sur le territoire québécois, si ce n’est dans un cadre transitoire respectueux de la prépondérance des lois québécoises. Nous ne reconnaissons pas l'armée canadienne comme notre armée.
La nécessaire résistance
Bref, le Réseau de Résistance du Québécois est une organisation révolutionnaire qui entend lutter énergiquement pour libérer le territoire du Québec. Car tel est le désir et la volonté d’une majorité des Québécois.
Les militants du RRQ prennent l’engagement solennel d’accomplir cette volonté des Québécois en y investissant toute leur intelligence et cet esprit de sacrifice et d’élévation qu’exige la grande bataille de notre libération. Ils y engageront tout leur être et souderont leur destin à celui de leurs frères et sœurs québécois réunis avec eux pour l’aboutissement de ce dur combat et l’obtention de cette Ô combien nécessaire indépendance.
Nous sommes une nation forte qui a déjà prouvé dans l’histoire qu’elle avait tous les atouts d’une puissance agissante. Réussir ne dépend que de notre capacité à nous mobiliser en refusant toujours de se laisser fallacieusement convaincre par les sirènes de la soumission, en refusant d’abdiquer devant Ottawa. Partout sur la terre, des hommes et des femmes regardent notre révolution, (car l’indépendance en est une), et espèrent notre victoire. Car nous ne nous battons pas que pour nous-mêmes, mais pour une nouvelle humanité, une humanité plus juste et à l’intérieur de laquelle les peuples parviendront à s’émanciper pleinement. Notre indépendance changera la face de l’Amérique et marquera le recul de la Grande alliance anglo-saxonne, elle qui a exploité, au fil des siècles, les humains partout sur la terre. Notre nation libre interviendra enfin dans les affaires du monde avec la sensibilité des peuples opposés aux appétits des grands impérialismes, eux qui ont tant fait couler le sang des peuples qu’ils soumirent. L’Afrique et Haïti ne peuvent qu’espérer notre indépendance. La Palestine nous attend. Les Basques nous observent. Le Québec libre est l’espoir des peuples enchaînés. Pour toutes ces raisons, nous ne nous laisserons plus jamais voler nos victoires et nous ne nous laisserons plus dicter nos actions par les forces de la soumission qui se terrent dans les officines d’Ottawa. Pour nos enfants, mais également pour la mémoire de nos pères et de nos mères, nous combattrons jusqu’à notre dernier souffle. Nous sommes l’Amérique française qui s’extirpe de sa condition de vaincue. Nous sommes le porteur d’eau qui porte désormais son destin de peuple libre! Nous sommes la liberté en marche ! Nous sommes les résistants du Québec libre ! Nous sommes les Fils et Filles de la Liberté! Nous sommes Québec mort ou vivant! Nous sommes Nous! Et qui participe à notre combat, d’où qu’il vienne en ce monde, est notre frère ou sœur!
Désormais et pour toujours nous sommes maîtres chez nous.
Nous vaincrons, car nous n’avons tout simplement pas le droit de perdre !
Le Réseau de Résistance du Québécois |
|  | | Louis G.

Nombre de messages: 936 Localisation: Nouveau-Brunswick Date d'inscription: 15/03/2006
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mar 28 Oct 2008 - 12:46 | |
| J’ai toujours trouvé que le manifeste du FLQ était, non seulement un texte puissant, mais une très belle œuvre d’art.
Je pense la même chose du manifeste du RRQ, c’est vraiment trop beau!  _________________ « Tant que vous ne faites que prêcher votre utopie, l’ordre établi se contente d’enregistrer, avec mépris ou indifférence, votre dissidence » - Pierre Vallière, Nègres blancs d’Amérique
« Il faisait de la poésie comme il tirait à la carabine : il visait le cœur » - Pierre Falardeau |
|  | | Mathieu Rhéal
Nombre de messages: 3 Date d'inscription: 29/10/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 0:55 | |
| Réponse critique au Manifeste du RRQ. Partie 1.
Le présent message, un peu long je l'avoue, a pour but d'exprimer mon désaccord avec certaines idées contenues dans le Manifeste.
Étant donné sa longueur, j'ai dû le scinder en trois parties pour que le Forum l'accepte.
Je l'ai rédigé au meilleur de ma connaissance et le plus soigneusement possible, dans le respect des militants du RRQ et pour tenter de créer une prise de conscience chez ses dirigeants.
En juin dernier, j'ai rejoins le RRQ, considérant que ses militants faisaient du bon travail et désirant reprendre du service. J'ai depuis participé à de nombreuses activités et le travail allait bon train. J'habite la couronne nord de Montréal et je militais dans la section Thérèse de Blainville du RRQ. J'ai donc participé à l'organisation de la réunion du samedi le 11 octobre, où le RRQ a été lancé son Manifeste.
Mais je n'avais pas lu le Manifeste avant la réunion. J'ai été surpris d'y trouver des ambigüités, de la confusion et des contradictions que je voudrais voir disparaître et je suis en désaccord avec les points suivants:
1- Je trouve contradictoire de revendiquer, dans le même paragraphe, l’héritage du Parti Québécois de René Lévesque et entendre "réhabiliter également les combattants du Front de libération du Québec".
L'héritage du Parti Québécois et de René Lévesque englobe non seulement le rejet des Patriotes des années 1960-70, mais encore, le rejet en bloc du RIN, FLP, des comités de citoyens, des comités ouvriers, de tout ce qui sera appelé plus tard, par dérision, la GoGauche.
Comment concilier cet héritage et entendre "réhabiliter les combattants du Front de Libération du Québec". Ça ne va pas du tout. Il faut choisir. Je n'ai jamais considéré René Lévesque comme un indépendantiste. Je n'ai jamais voté pour le PQ tant qu'il a été à sa tête.
2- En tant que membre en règle du RRQ, je considère que l'organisation n'avait pas le droit de se déclarer une "organisation révolutionnaire" sans, au préalable, consulter ses membres, sans les avertir de ce qui s'en venait et sans leur demander la permission de le faire, question de leur donner le temps de prendre position. Rester ou partir.
N'ayant pas été consulté, je me suis retrouvé de facto, membre d'une "organisation révolutionnaire", autoproclamée. Personnellement, en 45 ans de militantisme, je ne connais pas d'organisation ayant procédé à une telle manœuvre, ni au Québec, ni ailleurs. Je considère cette tactique comme irrespectueuse des membres. Je dois donc envisager mon retrait du RRQ simplement parce que je ne veux pas faire partie d'une organisation qui, aujourd'hui, se prétend révolutionnaire.
3- Je trouve exagéré et teinté de romantisme l'expression "Notre indépendance changera la face de l'Amérique".
Notre indépendance sera un tournant vital pour notre peuple, oui, c'est certain, mais je ne crois pas que la face de l'Amérique en sera changée. D'abord, est-ce qu'on parle de toute l'Amérique ou de seulement de l'Amérique du Nord? Il y a 107 millions de Mexicains en Amérique du Nord. Il y a 50 ans, ils étaient environ 32 millions. Ils ont plus que triplés en 50 ans. La face de l'Amérique n'a pas été changée pour ça.
Avoir un État français en Amérique n'est pas révolutionnaire en soit. Ce ne sera pas un précédent. Il y a déjà d'autres états français en Amérique. Il y a Haïti et il y a la République Française elle-même, en Guyane, à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Pierre et Miquelon. Le gouvernement et l'armée française sont bien présents en Amérique. Je suis passé par Saint-Martin il y a deux ans. Il y avait de plein gendarmes et plein de camions de soldats français en manœuvre. Le Québec indépendant, si on réussi, pourrait un peu déranger Washington, mais ça ne changera jamais d'un poil leur politique intérieure et extérieure. Puis, avec l'élection américaine qui s'en vient, on ne peut prévoir à quoi s'attendre.
4- Sur la question de la nature révolutionnaire ou non de l'indépendance du Québec, je ne considère pas qu'aujourd'hui, en 2008, travailler à faire l'indépendance du Québec est une activité révolutionnaire en soi. Il y a de très nombreux pays au 20ème et 21ème siècle qui ont accédé à l'indépendance nationale sans aucun bouleversement social. Ne mentionnons que la République Tchèque et la Slovaquie. Et il y en a des dizaines d'autres.
Accéder à l'indépendance nationale, c'est réformer la société, ce n'est pas la révolutionner. C'est un changement juridique du statut d'un état. Ça se négocie. Accéder à l'indépendance nationale ne peut pas être autre chose qu'une réforme sociale à moins qu'en même temps, on décide de bouleverser le mode de production, en passant par exemple, du mode de production capitaliste au mode de production socialiste.
Ça, c'est est une révolution sociale et ça ne peut se faire que par la violence révolutionnaire puisque, bien évidemment, les capitalistes ne se laissent jamais exproprier sans riposter eux-mêmes par la violence réactionnaire. Or, même si les dirigeants du RRQ utilisent souvent une grille d'analyse marxiste, jamais le RRQ n'a annoncé qu'il voulait passer à une économie socialiste, dans un Québec indépendant.
L'usage de ce terme va, par ailleurs, faire en sorte que le RRQ va être ostracisé. Un cordon sanitaire va être déployé autour du RRQ par toute organisation ou individu qui a les deux pieds sur terre. Des personnes qui, de différentes façons, sont déjà des résistants, ne voudront pas s'approcher du RRQ. Le RRQ va être isolé parce que, dans le contexte actuel, on ne peut organiser l'unité dans l'action quand on s'affiche comme une "organisation révolutionnaire". Dans le Manifeste, je propose que le passage "le Réseau de Résistance du Québécois est une organisation révolutionnaire" soit simplement remplacé par "le Réseau de Résistance du Québécois est une organisation" et que le passage "des hommes et des femmes regardent notre révolution" soit remplacé par "des hommes et des femmes regardent notre lutte".
Révolution
Puisque le Manifeste utilise des mots controversés et qu'il faut minimalement s'entendre sur le sens de ceux-ci, analysons-les. Concernant le mot révolution, ou le mot révolutionnaire, qui, d'après moi a un lien indissociable du mot "violence", c'est la définition du Petit Larousse que j'utilise. La première définition concerne le domaine de l'astronomie, la deuxième définition concerne le domaine politique et social.
Évidemment, on n'est pas en train de discuter de la rotation de la terre. On est dans le domaine politique, au Québec. C'est donc la deuxième définition qui s'applique.
Mais la deuxième définition a trois sens: 1- Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d'État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir. - Le Révolution de 1848. - La Révolution française de 1789. - Révolution de palais. 2- Changement brusque, d'ordre économique, moral, culturel, qui se produit dans une société. – Une révolution dans la peinture. Révolution culturelle. 3- Agitation soudaine et passagère, provoquée par un fait inhabituel. En politique, il y a un consensus sur le sens de ce mot, surtout quand on produit un texte qui parle de l'indépendance du Québec, de la Résistance, des combattants et du FLQ. Tout le contexte mène directement au premier sens. Les gens vont faire l'amalgame violence-révolution. C'est normal. On ne peut pas y échapper. Le RRQ ne pourra y échapper. Et ça sera dommage parce que ce n'est pas vrai que le RRQ est violent, actuellement, et qu'il est absurde de donner gratuitement à nos adversaires cette prise sur nous, pour nous discréditer.
Cette seule prétention d'être une "organisation révolutionnaire", en plus d'utiliser un vocabulaire non à propos, permet, d'après Pierre Cloutier, avocat bien connu sur Vigile.net, de classer la cible, en l'occurrence, le RRQ, dans les menaces prévues à la loi constitutive du SCRS. Avec une telle déclaration, le SCRS va donc pouvoir ouvrir des dossiers sur chacun des membres. Et demander un budget supplémentaire, surement.
Si on était dans le domaine de la culture ou de la technologie, le deuxième sens s'appliquerait: révolution technologique, révolution des mœurs, etc.
Mais dans le domaine politique, il faut avoir un l'esprit assez subtile, d'une subtilité assez rare, pour échapper à l'amalgame violence-révolution. Demandez à monsieur Tout Le Monde ou demandez à un militant ordinaire du RRQ, c'est bien dans ce sens que les gens l'entendent et l'utilisent, en général.
Pourquoi est-ce que tout le monde et même le Petit Larousse font l'amalgame violence-révolution? Parce que l'expérience historique démontre que "les autorités en place" ne laissent jamais se faire un "changement radical de régime" sans se défendre (voir l'histoire récente du Chili, de la Grèce, du Nicaragua, etc.) même si ce changement survenait suite à une décision de la "Démocratie Québécoise".
Dans le domaine de la politique et du social, il y a aussi le deuxième sens du mot révolution. Il y a eu la Révolution des Œillets et de la Révolution Bolivarienne, mais il y a eu de la violence dans les deux cas.
Ce sont les média bourgeois qui ont baptisé ainsi la Révolution des Œillets. Parce que la population s'est rassemblée au marché aux fleurs de Lisbonne, alors richement fourni en œillets, pour appuyer les militaires. En réalité, au Portugal, il s'est agit d'un coup d'État organisé par l'armée, par des officiers d'extrême gauche. Ils ont mis une junte au pouvoir et ont procédé à la décolonisation. Point final. Il y a eu de la violence puisque les militaires étaient évidemment armés. Il y a eu plusieurs morts aussi, car la police politique de Salazar, armée elle aussi, a offert une résistance armée. À part de laisser tomber les colonies, la junte n'a pas touché au système capitaliste. Ils n'ont donc pas touché à l'essence même du système économique et social. Aujourd'hui, les Portugais sont aussi exploité qu'avant, par leurs capitalistes autochtones et étrangers. Et les colonies sont aussi exploitées qu'avant, par les impérialistes étrangers. Donc, en réalité, il n'y a pas eu de révolution. Ça n'a pas été un changement radical de régime. Si la junte avait voulu changer le système capitaliste, le gouvernement des USA serait intervenu comme au Chili, en Grèce et au Nicaragua et aurait organisé une contre-révolution.
La Révolution Bolivarienne est en cours. Attendons pour voir sa conclusion. Seul Chavèz sait jusqu'où il veut aller. Il y a déjà eu plusieurs morts et ce n'est rien à côté du prix que les Vénézuéliens vont devoir payer en vies humaines s'ils essaient d'aller aussi loin que Cuba, c'est-à-dire faire une vraie révolution (renverser le système capitaliste). Les USA ne laisseront pas aller le morceau facilement. Il y a beaucoup de pétrole au Vénézuela, peut-être que l'Irak n'est rien à côté de ce que les Américains préparent pour l'Amérique du Sud.
De toute façon, si le RRQ utilise le mot "révolution" dans le Manifeste, dans un autre sens que celui des dictionnaires, sens accepté de tous, sens que j'ai compris, ce sont l'État fédéral et nos bons bourgeois fédéralistes québécois qui vont se charger de faire pour nous l'amalgame violence-révolution. On ne pourra y échapper. Le RRQ ne pourra y échapper.
On se rappelle bien qu'ils ont déjà fait l'amalgame PQ/FLQ et que le maire Drapeau avait fait l'amalgame FRAP/FLQ. Et, que ce soit dans la tête des intellectuels qui rédigent des dictionnaires, ou dans la tête du plus simple quidam, on n'y peut rien, dans le domaine de la politique, révolution implique violence.
Des dirigeants du RRQ avec qui j'ai discuté, m'ont dit que la violence ne faisait pas partie de la panoplie du RRQ, que ça faisait plutôt partie de l'arsenal de nos ennemis. Ils me disaient que nous, le RRQ, on n'est pas comme eux, jamais on n'y aura recours. Ça c'est de l'angélisme. Ce n'est pas gentil pour les patriotes de 1837-38 et des patriotes des années 60/70. Quand Pierre Vallières recrutait son monde, en 1965, il posait toujours la question: "Êtes-vous pour ou contre l'usage de la violence?" Croyez-le ou non, cette question était écrite en noir sur blanc sur un formulaire que nous devions remplir quand on adhérait au Mouvement de Libération Populaire dont il était le secrétaire-général. Si la réponse était "pour", il conservait le formulaire pour lui-même et rencontrait la personne plus tard pour la recruter dans son réseau.
Si la position du RRQ est qu'il n'utilisera jamais la violence, le RRQ devrait l'écrire noir sur blanc dans le Manifeste au lieu de présenter le RRQ comme une organisation révolutionnaire pro-felquiste.
C'est ce genre d'ambigüité, de confusion et de contradiction que je voudrais voir disparaître du Manifeste.
Dernière édition par Mathieu Rhéal le Mer 29 Oct 2008 - 1:15, édité 5 fois |
|  | | Mathieu Rhéal
Nombre de messages: 3 Date d'inscription: 29/10/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 1:00 | |
| Réponse critique au Manifeste du RRQ. Partie 2.
Ça ne veut pas dire qu'on ne doit jamais utiliser le mot révolution au cours de notre lutte. Le mot n'est pas tabou. Ce n'est pas parce qu'on est membre du RRQ qu'on ne peut pas utiliser le mot révolution. Ça serait pousser la correctitude politique jusqu'à l'absurde.
Par exemple, madame Mourani dit dans ses discours: "Nous sommes des révolutionnaires des temps modernes ! La rhétorique et la démocratie sont nos armes les plus tranchantes". Eh bien, voilà, c'est de la rhétorique! Une figure de style. L'essence même de la rhétorique consiste à détourner le sens des mots. Est-ce que le Manifeste du RRQ fait dans la rhétorique? Est-ce qu'il détourne le sens des mots? Je ne suis pas loin de le penser. Évitons de faire comme madame Mourani. À ce que je sache, le RRQ n'est pas partisan de la révolution socialiste. Est-ce que je me trompe? Il faut me le dire, car, si le RRQ veut mettre à son programme la révolution socialiste, je vais devoir prendre une décision. Moi, j'ai déjà donné. Je ne crois pas cela possible, disons, de mon vivant. L'accession à l'indépendance, c'est une réforme politique qui ne change pas l'essence même du système économique dans lequel on vit. En d'autres mots, au lendemain de l'indépendance, ou 5 ans plus tard, le peuple québécois va continuer d'être exploité par les capitalistes, qu'ils soient québécois, canadiens, américains ou chinois. On veut pouvoir vivre en français, sans avoir les colonialistes canadiens sur le dos. C'est tout. C'est ce que je recherche. Le respect, la dignité, la fierté. Et c'est parfaitement possible. Si faire l'indépendance du Québec, ce n'est qu'une réforme du système existant, ça n'empêche pas que ce sera un tournant vital pour notre peuple. Je serais prêt à concéder que, pour une nation opprimée, vivre dans le respect, la dignité et la fierté, on peut dire que c'est un changement révolutionnaire. Mais c'est de la rhétorique, dangereuse dans un manifeste politique. Aujourd'hui, l'indépendance peut se faire sans violence, parce que ce n'est qu'une réforme de la société. En 1995, si on avait eu 55 ou 60%, il y aurait eu des négociations et j'ai confiance qu'on aurait obtenu l'indépendance avec Parizeau. Le Canada nous aurait remis notre part du service postal, des douanes, de l'armée, des fonctionnaires fédéraux, des ministères fédéraux, etc. et la vie aurait continué comme avant. Ils auraient accepté d'amender la constitution. Le Canada n'est pas plus intéressé qu'il faut à avoir une guerre civile sur son territoire.
5- Cette posture et cette phraséologie révolutionnaires adoptées subitement par le RRQ se conjugue avec une ligne pro-felquiste matérialisée par la prétention de "réhabiliter également les combattants du Front de libération du Québec" dont je suis un ex-militant.
Pour bien comprendre pourquoi cette référence au FLQ est inappropriée, il faut la décortiquer, l'analyser.
Réhabiliter
Examinons d'abord ce mot. Voici ce que je pense de la réhabilitation. Ce mot, comme le mot "pardon", me fait vomir. On sait qu'en 1992, Jean-Paul II a réhabilité Galilée en annulant sa condamnation. En effet, 359 ans plus tard, il a reconnu les erreurs commises par l'Église en 1633.
On sait aussi que, en 1971, donc seulement quelque mois après la crise d'Octobre, le gouvernement du Canada a décidé de commencer à procéder à la réhabiliter des Patriotes de 1837-1838. En effet, le 7 mai 1971, le ministère des Postes du Canada a émis un timbre-poste en l'honneur de Louis-Joseph Papineau, chef des Patriotes en 1837.
En 1980, un décret du Gouvernement du Québec a fixé la journée des Patriotes le dimanche le plus près du 23 novembre de chaque année «dans le but d'honorer la mémoire des Patriotes qui ont lutté pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l'obtention d'un gouvernement démocratique.» Depuis, la Journée a été déménagée au mois de mai.
On sait que l'église catholique, par la bouche de Mgr Lartigue, avait interdit à ses curés d’inhumer les corps des Patriotes de 1837-1838, morts les armes à la main, selon les rites de l’Église catholique à moins qu’ils n’aient rétracté publiquement leurs mauvais propos ou leurs actes avant de mourir. Les victimes ont donc été enterrées à Saint-Eustache, dans une fosse commune en terre non bénite dans une partie du cimetière réservée aux enfants morts sans baptême.
Le 27 mars 1987, 150 ans après l'insurrection, l'Église catholique a procédé à la réhabilitation les Patriotes. Elle a levé toutes les sanctions imposées contre les Patriotes morts au combat. Désormais ils pourront être inhumés en terre catholique. Le 26 juillet suivant, les restes de Chénier entrèrent dans l'église de Saint-Eustache pour des funérailles d'État et ils furent par la suite inhumés au cimetière catholique de Saint-Eustache. Le 24 juin 1996, Monseigneur Charles Valois a béni le cimetière des enfants morts sans baptême de la paroisse de Saint-Eustache où les compagnons d'infortune de Chénier ont été inhumés en 1837.
On sait aussi que tous les Patriotes des années 1960-70, qui ont été condamnés à des peines de pénitencier, ont eu à subir les caprices de la maudite Commission Nationale des Libérations Conditionnelles (CNLC). Cette commission, qui est inévitable si tu veux éviter de purger ta peine au complet, surtout si tu as une sentence à vie comme Simard et Rose. Cette commission oblige tout le monde à mettre de côté sa dignité pour retrouver la liberté ou pour faire "effacer " son dossier.
Personnellement, je suis un des rares prisonniers politiques (je pense que je suis le seul cas) à qui la commission a refusé une libération conditionnelle. J'ai fait mon temps plein, sauf les jours gagnés mensuellement pour bonne conduite en prison. Il me trouvait trop "intransigeant", pas réhabilitable.
Par contre, rendu à l'extérieur, j'ai fait une première demande de réhabilitation en 1993, pour faire "effacer mon dossier" et une nouvelle, en 2006, suite à ma condamnation en 2001. Les deux m'ont été accordées.
Il n'y a rien de plus humiliant, pour un ex-prisonnier politique, que de demander une réhabilitation aux représentants de l'État qui l'opprime. Mais parfois, on n'a pas le choix. Je l'ai fait parce que vivre avec un dossier "criminel" est très difficile au niveau de la recherche d'emploi.
Mais, c'est à eux de réhabiliter. Comme dans le cas des Patriotes de 1837-38, c'est à l'État de réhabiliter les patriotes qui se sont soulevés dans les années 1960-70. Le RRQ n'a aucune autorité là-dedans.
Combattant
Pour moi, un combattant c'est quelqu'un qui combat, les armes à la main. Le seul individu de tous ceux impliqués dans les actions des années 1960-70 qui a combattu, c'est François Schirm. C'est un ancien légionnaire de l'armée française. Pendant une opération de vols d'armes qui a mal tournée, au coin d'Ontario et Bleury, il a tiré une trentaine de coups de feu sur des policiers qui tentaient de l'arrêter. Il a finalement été abattu d'une balle dans la jambe. Son chargeur de 30 balles était vide. Il a été fait prisonnier. Les autres n'ont pas combattus.
Je consulte le Petit Larousse pour le mot combattant.
Combattant nom masculin. I. Homme, soldat qui prend part directement à un combat, à une guerre, à une rixe. II. Zoologie. 1. Oiseau échassier voisin du chevalier, dont les mâles, au printemps, se livrent des combats furieux, mais peu dangereux. 2. Petit poisson d'ornement, de couleurs vives, originaire de Thaïlande, et dont les mâles se livrent à des combats mortels.
Je n'invente rien. On ne parle pas ici d'un sport de lutte. On parle du FLQ et il ne s'agit pas de la Fédération de Lutte du Québec. Si on écrivait de la poésie, une allégorie, je pourrais comprendre et accepter, mais il s'agit d'un Manifeste pour une organisation qui se présente comme révolutionnaire (par pur romantisme selon moi). Pas la place pour des figures de style.
Si on veut désigner par là les combattants par la plume, bien sûr, il y a Vallières et Gagnon. Mais, à part eux, qui d'autres? Et qu'elle est la contribution théorique que Vallières et Gagnon ont faite au "développement de la pensée québécoise", au corpus de l'idéologie de la lutte de libération nationale québécoise qui n'avait pas déjà été dite ou écrite bien avant par d'autres.
Ce qui caractérise le plus Vallières et Gagnon, à mon avis, c'est la rationalisation du passage à l'acte. À mon avis, c'est la seule chose qui différencie ces deux là des autres intellectuels qui militaient avec eux à la revue Révolution Québécoise, au Mouvement de Libération Populaire et au groupe Parti-Pris en 1965-66.
Le passage à l'acte de Vallières est le résultat de ses lectures marxistes, tel qu'il le décrit lui-même dans "Nègres blancs d'Amérique" page 274 où il cite Marx: "Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde, mais il s'agit de le transformer". Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, et il ajoute: "Les thèses sur Feuerbach de Marx (...) ont agi sur moi comme un choc". Vallières et Gagnon étaient plus marxistes que nationalistes. Ils voulaient organiser une vraie révolution socialiste. À la place, on a eu droit à une autre vague terroriste. Gagnon l'a reconnu plus tard et a fait son mea culpa.
Le mot "combattant" est une étiquette vide dans le Manifeste. Que dire de Madame Ferretti et Pierre Bourgault? À ce compte-là, n'étaient-ils pas eux aussi des combattants pour l'indépendance du Québec, tout autant que Pierre Vallières et Charles Gagnon.
Va-t-on les réhabiliter? Non. On voudrait réhabiliter Vallières/Gagnon, mais pas Ferretti/Bourgault. Pourquoi? Certainement pas parce que les deux premiers ont combattus. Vallières et Gagnon n'ont jamais volé de dynamite, ni fait de vol à main armée, ni déposé de bombe. Ils étaient des théoriciens. La différence c'est que Vallières et Gagnon ont été des prisonniers politiques. Alors, on ne doit pas utiliser des étiquettes vagues. Ça doit être clair et précis. Dans le contexte de la violence politique des années 1960-70, quand on parle de réhabiliter les personnes qui ont commis des actes de violence, le mot combattant est trop fort et non-fondé. Il a une connotation militaire violente que les ex-prisonniers politiques ne se sont pas mérités. Finalement, le terme "ex-prisonniers politiques" est peut-être le plus adéquat, à défaut d'utiliser "les Patriotes de 1960-70".
Je préfèrerais de beaucoup l'expression "proposer la réhabilitation des Patriotes de 1960-70". Là, on retombe sur ses pieds. On peut donc réclamer à XYZ de procéder à une réhabilitation. En l'occurrence, XYZ, c'est l'État fédéral, pas le RRQ. Le RRQ est totalement impuissant dans ce dossier.
Je pense que c'est le devoir d'une organisation de libération nationale, comme le RRQ veut l'être, de dire la vérité, ou, en tout cas, de ne pas dire de mensonges et de ne pas contribuer à consolider des mythes néfastes. On est entre adultes, on va ne pas se conter des histoires. En 1837-38, il y a eu des combats, il y a eu des batailles, il y a eu des morts au combat. En 1970, l'armée est venue à Montréal, pas un seul coup de feu n'a été tiré et le seul blessé qu'il y a eu, c'est un soldat qui s'est tiré dans le pied en sautant d'un camion. Il faut arrêter de se péter les bretelles.
Dernière édition par Mathieu Rhéal le Mer 29 Oct 2008 - 1:16, édité 1 fois |
|  | | Mathieu Rhéal
Nombre de messages: 3 Date d'inscription: 29/10/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 1:05 | |
| Réponse critique au Manifeste du RRQ. Partie 3.
FLQ
Il y a beaucoup à dire sur le FLQ. Je dois dire que, depuis 1964, j'ai bien eu le temps d'y réfléchir et d'analyser la question. J'ai adhéré à un premier réseau terroriste, à l'âge de 17 ans: le réseau de Gilles Legault, qui a été démantelé suite à une infiltration du FBI, au moment où notre groupe voulait remettre de la dynamite à des noirs américains pour faire sauter la statue de la Liberté à New-York. Étant donné que j'étais trop jeune, Gilles Legault avait jugé bon de ne pas m'intégrer dans cette opération spécifique.
Ayant échappé à cette rafle, j'ai ensuite adhéré à un nouveau réseau, celui de Pierre Vallières et Charles Gagnon, pour m'adonner encore à d'autres complots et attentats. J'ai été responsable, pendant un bout de temps, du Réseau d'action de notre groupe. Avec mon groupe, j'ai volé de la dynamite, des armes, du matériel d'imprimerie, j'ai mis des bombes. J'ai personnellement recruté des amis, des ados, G. D. qui n'avait que 17 ans quand il a été porter la bombe chez Lagrenade Shoes, ainsi que Jean Corbo qui n'avait que 16 ans quand il a sauté en allant porter une bombe à la Dominion Textile à St-Henri.
Je connais la vraie nature du FLQ et autres organisations qui ont utilisé le terrorisme dans les années 1960-70 pour faire avancer la lutte pour l'indépendance du Québec. J'affirme, que le terrorisme, comme moyen d'action, est, dans son essence même, réformiste et non pas révolutionnaire. Je sais que j'ai l'air de dire des énormités, mais réfléchissez.
Le terrorisme est l'arme des faibles, c'est bien connu. Mais les faibles, comment utilisent-ils le terrorisme. Il l'utilise pour menacer en général un gouvernement, ou une autre organisation, pour lui faire faire ce qu'ils ne peuvent faire eux-mêmes, à cause de leur impuissance, c'est à-dire, des réformes. En effet, vous ne verrez jamais une organisation terroriste demander au gouvernement de faire la révolution, de passer au socialisme. Parce que c'est de toute évidence impossible. Un gouvernement ou une classe sociale ne peuvent pas se suicider. Les terroristes ne demandent que des choses qui sont réalisables. La preuve, c'est qu'elles finissent par arriver, avec le temps et des luttes populaires.
Le FLQ n'a jamais tenté de prendre le pouvoir au Québec. Le FLQ n'a jamais tenté de renverser le système capitalisme, ni de faire la révolution socialiste. Le FLQ et autres organisations similaires ont exigé du gouvernement (ou du patronat à l'occasion), certains changements, certaines décisions, certaines réformes. Par exemple, mettre fin à l'oppression nationale des colonialistes canadiens, mettre fin à la discrimination contre les Québécois par les patrons anglophones, laisser les Québécois s'autodéterminés, interdire les briseurs de grève, réengager des travailleurs, libérer des prisonniers politiques, demander une rançon!!!, etc. Et toujours, c'était: si vous ne le faite pas (procéder à ces réformes), il va y avoir de la violence.
Mettre des bombes, en soi, n'a rien de révolutionnaire. L'extrême droite aussi met des bombes. Le crime organisé aussi met des bombes.
La seule contribution que je reconnaisse aujourd'hui aux centaines de jeunes, y compris moi-même, qui ont utilisé la violence dans les années 1960-70, s'est de s'être rebellé contre l'oppression nationale, d'avoir contribué à desserré l'étau dans lequel était coincé le peuple québécois, exactement comme les Patriotes de 1837-38 l'ont fait à leur façon, dans le temps.
Donc, je trouve qu'il est dangereux et, en même temps, prétentieux, de la part du RRQ, de prétendre "réhabiliter également les combattants du Front de libération du Québec". A-t-on demandé leur avis aux ex-felquistes et militants d'organisations similaires? Non!
Personnellement, je trouve que c'est de l'enflure verbale que de déclarer que "le RRQ entend réhabiliter (…) les combattants du Front de Libération du Québec". Le RRQ n'a aucun pouvoir ni aucun mandat pour faire ça. Le RRQ veut-il faire du millage sur le dos du FLQ?
Si le RRQ, qui est né depuis moins d'un an et n'a pas encore beaucoup de crédibilité, veut se mêler de cette question, la seule chose qu'il peut faire c'est de réclamer des autorités compétentes, c'est-à-dire le gouverneur général du Canada, Michael Jean, la réhabilitation des ex-prisonniers politiques ou Patriotes des années 1960-70 (sous forme de pardon royal) ainsi que des excuses et des dédommagements pour toutes les victimes de la loi des mesures de guerres en 70.
En plus, la formulation est faussée. Le seul usage de l'étiquette FLQ est c'est encore une exagération verbale qui déforme la réalité et qui contribue à renforcer un mythe FLQ, créant l'illusion qu'il y a eu une guérilla de combattants armés dirigée par un mystérieux FLQ insaisissable. Ceux qui sont morts ne sont pas morts au combat. Comme j'ai écrit déjà, nous n'avons pas été des combattants et le FLQ, comme organisation, est un mythe. En dix ans, on en a fait 10 fois moins que les motards pendant la guerre entre les Hells et les Rock Machine.
Je dis que l'expression "Le RRQ entend réhabiliter également les combattants du FLQ" est mal formulée parce qu'on ne peut pas parler du seul FLQ. C'est une étiquette vide, imprécise qui ne correspond pas à une réalité.
Ce n'est pas parce que la police ou des journalistes laissent entendre qu'il s'agit toujours de la même organisation qui renaît de ses cendres qu'il faut le croire. Il faudrait qu'on croie que c'est toujours la même organisation: Le FLQ. C'est comme dans la publicité de Jean Coutu. Il y a des Jean Coutu, et il y a Le JEAN COUTU.
Premièrement, il n'y a pas eu que le FLQ de 1963, il y a eu aussi l'ALQ, l'ARQ, le RQL, et le MRQ, plus les réseaux de Legault, de Collin, de Vallières/Gagnon, de Pierre-Paul Geoffroy, d'André Ouellette, d'André Lessard, qui n'avaient pas de noms et les réseaux de Paul Rose et de Lanctôt qui ont repris le nom, et finalement, le FLQ de Carole Devault qui était un réseau organisé par la police. Tous et chacun étaient des mouvements différents. Alors, on va réhabiliter le FLQ, puis les autres, on fait quoi avec?
Marc Laurendeau a écrit "Les Québécois violents", un livre qui explore le phénomène de la violence politique des années 1960-70. C'est la thèse qu'il a présentée pour obtenir sa maîtrise en Sciences Politique. Il a eu une approche scientifique. Il identifie au moins 12 réseaux, tous différents qui n'avaient aucun lien organique. Ce FLQ mythique aurait produit au moins trois manifestes différents, deux drapeaux et trois emblèmes, tous différents. On peut y identifier quatre tendances idéologiques: un courant purement nationaliste, un courant anarchiste, un courant marxiste-léniniste orthodoxe et un courant marxiste éclectique. Ces tendances, soit se succèdent, soit se chevauchent dans le temps et se concurrencent, dès 1964. Bizarre pour un seul et même mouvement.
Jamais deux groupes n'ont eu le même chef. C'était bien clair, pendant la crise d'Octobre 70, qu'on avait à faire à deux organisations qui opéraient indépendamment l'une de l'autre. Tous ces groupes pratiquaient le terrorisme et étaient d'essence réformiste, quoi qu'ils en pensaient au moment où ils agissaient.
Front
Autre point, les groupes qui se sont appelés "Front" n'ont jamais été des "fronts", dans le sens de Front d'Action Politique (à Montréal), Front Sandiniste de Libération Nationale, Front de Libération National du Vietnam ou Front de Libération National algérien. Ces Fronts étaient vraiment des coalitions de partis ou d'organisations politiques.
Le mot Front dans le nom des réseaux qui ont repris le nom FLQ ne désignait rien du tout. Ce n'étaient même pas des fronts. Alors, même l'appellation Front, c'était de la frime. Je veux souligner que la formulation adoptée dans le Manifeste contribue à consolider le mythe du FLQ tout puissant, organisation révolutionnaire pas tuable qui a duré 10 ans. Cela est faux. Il faut quand même respecter les faits et l'histoire.
Conclusion
Il faut se demander si l'utilisation du mot "révolution" et du mot "combattant" dans le Manifeste est une utilisation innocente ou si elle ne sert pas plutôt à se donner une crédibilité, une auréole ou une posture "révolutionnaire", de façon un peu narcissique. Je continue de penser que c'est très contre-productif.
Dans d'autres textes du RRQ ou du Journal Le Québécois, on parle de faire guerre, on dit qu'on a une structure militaire. Dans le Manifeste, on déclare ne plus reconnaître aucune loi fédérale. On parle ici du code criminel.
En discutant avec des représentant du RRQ, on m'a dit:"C'est à dessein et après y avoir longuement réfléchi que nous avons installé cette référence (au FLQ). Elle va nous servir beaucoup plus qu'elle ne va nous desservir, à condition que nous contrôlions notre message".
Ça veut dire quoi ça: "cette référence. Elle va nous servir beaucoup". Servir à quoi? Servir comment? Il faut le dire. Est-ce un aveu d'opportunisme politique. Surement pas juste pour vendre plus de T-shirts.
Cette référence pro-FLQ, ce vocabulaire: révolution, combattants, résistance, guerre, structure militaire, rejet du code criminel, etc. va certainement servir à présenter une façade d'organisation révolutionnaire.
Pourquoi? Pour d'attirer ceux qui, à juste titre, ont de l'admiration, de la reconnaissance et du respect pour les sacrifices qu'ont fait les Patriotes des années 1960-70, sacrifices de leurs années de jeunesse et parfois de leur vie. Mais aussi pour attirer les têtes fêlées, les intégristes, les provocateurs, les infiltrateurs et les agents de police.
On veut faire quoi avec ça? La révolution!!! Je n'en crois pas un mot.
Un jour va venir où vous allez être obligé de vous justifier devant vos militants, devant l'opinion publique, devant l'histoire. Vous allez être obligé de dire pourquoi, dans le contexte de 2008, vous avez choisi de vous démarquer comme une "organisation révolutionnaire", militaire, guerrière, au lieu de vous lier aux masses. La théorie élitiste de l'avant-garde ou peut-être le noyau révolutionnaire de Che Guevara? Attirer la frange extrémiste, peut-être? Mais à coup sûr, attirer inutilement la répression sur les militants indépendantistes |
|  | | Philbox17

Nombre de messages: 16 Localisation: Laval Date d'inscription: 30/09/2008
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 5:41 | |
| Salut Rhéal,
Personnellement je trouve le Manifeste très bien. Le mot combattant est utiliser seulement pour désigner les anciens membres du FLQ. Combattant signifie un individu qui participe à un combat. L'indépendance du Québec est un Combat, tous ceux qui y participe sont des combattants selon moi. Le Manifeste désigne les membres du RRQ comme des militants et des résistants de toute façon. L'indépendance du Québec c'est une révolution, l'indépendance est un changement brusque, d'ordre économique, moral, culturel, qui se produira dans notre société. – Une révolution qui se fait dans le cinéma, le journal, dans l'art, dans les manifestations ect, tout ses moyens peuvent être utiliser de façon révolutionnaire. Je pense qu'on s'obstine sur le sens des mots et que le problème c'est le "politically correct". Le manifeste choc et c'est ça le but. La répression sur les militants est déja présente, elle l'a toujours été. Le manifeste ne change rien à ça, c'est le résultat de cette répression et non la cause.
-Phil |
|  | | Patrick Bourgeois Admin

Nombre de messages: 5222 Localisation: Sainte-Anne-des-Monts Date d'inscription: 17/10/2005
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 10:15 | |
| Bon, ça recommence.
Pierre-Luc Bégin et René Boulanger ont répondu 14 fois plutôt qu'une aux critiques de Rhéal Mathieu. Celui-ci ne veut rien entendre. Il le démontre une nouvelle fois, ici, en reprenant les mêmes critiques sans avoir tenu compte de ce que Pierre-Luc et René lui ont expliqué depuis 2-3 semaines.
Rhéal Mathieu est engagé dans une campagne de salissage contre le RRQ. Pour ce faire, il se sert principalement (mais pas exclusivement) du manifeste du RRQ. Il a commencé sa campagne en contactant les proches de l'organisation du "Québécois" pour leur dire que les "trois B" (c'est comme ça qu'il nous désigne gentiment), étaient engagés sur la voie du felquisme et de la pose de bombes. C'est faux, on lui a dit 100 fois, mais il ne veut rien entendre. Ce qui plaît à ce type, c'est de nous salir, c'est de nuire au RRQ et au "Québécois". À quel jeu joue-t-il exactement, bien difficile à dire. Mais une chose demeure: et c'est qu'il identifie lui-même, et publiquement, les cibles que nos ennemis devraient retenir contre nous. Est-ce que ses 3 derniers messages avaient pour but d'alimenter nos ennemis? Tout porte à le croire.
Ce qu'il aurait voulu concrètement, c'est qu'on dénonce notre manifeste et qu'on condamne nos trois militants du RRQ qui ont été interpellés par la police politique dans le cadre des "graffitis" politiques. Désolé, mais ce n'est pas là la politique de la maison. On n'abandonne pas les troupes quand l'eau se fait chaude.
Rhéal Mathieu ne respecte pas non plus les mots d'ordre donnés par la section de Ste-Thérèse. Mathieu veut dénoncer absolument les cours d'anglais qui sont donnés à Terrebonne en harcelant les enfants et les parents. Approche qui ne fait pas l'affaire du RRQ. Le bureau politique du RRQ préfère cibler l'administration municipale de Terrebonne. À cause de cela, Mathieu dit à gauche et à droite que "les trois B felquisants sont en fait des moumounes". C'est son droit d'interpréter ce cas de cette façon-là. Mais en même temps, faudrait que Mathieu nous explique comment il fait pour dénoncer les cours communautaires de Terrebonne tout en défendant la construction du CHU de McGill. Son argument principal pour ce faire est de prétendre que nous sommes après tout si bien servis dans les hôpitaux des anglais. Il est même possible de s'y faire servir en français imaginez-vous donc.
Parce que Rhéal Mathieu est en guerre ouverte et en campagne de salissage contre le RRQ, il a été expulsé de l'organisation. Il nous accuse de ce fait, et pour d'autres choses (il voulait que Le Québécois soit contrôlé par les membres du RRQ), de ne pas être démocratiques. On n'a jamais prétendu l'être. On travaille avec ceux qui font notre affaire, point final. Si ça ne plaît pas à certains militants, très bien. Qu'ils aillent donc au PQ, là où la vie de parti devrait mieux leur convenir.
Il est dommage que Rhéal Mathieu se comporte ainsi. Il a des qualités qui auraient pu lui permettre de militer efficacement pour l'indépendance du Québec, chez nous. Mais on nous avait averti qu'il était incapable de travailler en équipe et qu'il finissait par toujours foutre le trouble dans les organisations où il s'impliquait. Force est de constater que ces mises en garde s'avéraient fondées. Pour ce qui est de sa propension à voir des terroristes partout, je dois dire qu'il me fait ici pitié. Le fait qu'il ait été arrêté lui-même en tant que felquiste et en tant que chef de la Brigade d'audéfense du français semble l'avoir traumatisé. Comme quoi, la prison laisse des séquelles psychologiques chez certains.
Parce que je sais très bien que Rhéal Mathieu n'en est qu'au début de sa croisade contre le RRQ et "Le Québécois", je barre cette enfilade. J'ai vraiment d'autre chose à faire que de répondre à ses critiques, critiques auxquelles on a déjà répondu au moins 20 fois. Les gens bouchés de nature sont toujours des sources de perte de temps incroyable, et du temps, j'en ai que trop peu. Il ira donc cracher son fiel contre nous ailleurs. À cause de cela, il nous accusera encore une fois de ne pas être démocratiques. Fort bien! Ça m'importe peu.
P.B. _________________ "La révolution est à bâtir, ou bien elle se dissipe". -Jacques Berque
"Il y a ceux qui se contentent de souhaiter l'indépendance et ceux qui ne sauraient concevoir la vie nationale sans elle". -Gabriel Hudon
"On ne peut pas dire la vérité à la télévision: il y a trop de gens qui regardent" - Coluche

Dernière édition par Patrick Bourgeois le Mer 29 Oct 2008 - 12:35, édité 3 fois |
|  | | Patrick Bourgeois Admin

Nombre de messages: 5222 Localisation: Sainte-Anne-des-Monts Date d'inscription: 17/10/2005
 | Sujet: Re: Manifeste du RRQ Mer 29 Oct 2008 - 10:27 | |
| Voici un texte de Claude Jasmin qui explique très bien le point de vue du RRQ par rapport au FLQ.
Les felquistes ont forgé une pensée de libération nationale que nous respectons. Je dis régulièrement que le radicalisme est toujours de mise, au Québec, en 2008. Le radicalisme des années 1960, c'était la pose de bombes. En 2008, c'est la libération de la parole indépendantiste.
Les contextes ont changé, et la violence politique comme elle se pratiquait dans les années 1960 n'est plus appropriée pour la réalité québécoise de 2008.
D'ailleurs, renier la pensée felquiste consisterait à renier Nègres blancs d'Amérique. Est-ce que quelqu'un est prêt à le faire? Pas moi en tout cas.
P.B.
________________________________________________________-- NOS JEUNES FELQUISTES : DES REBELLES IGNORÉS ? C’EST ASSEZ, ÇA SUFFIT ! CLAUDE JASMIN Le Québécois, octobre 2005
Après presque un demi-siècle, persiste encore une sorte de honte niaise. On continue, hélas, hélas, hélas, le silence total sur des garçons qui hypothéquaient courageusement leur avenir, qui agirent absolument librement et sans aucun profit appréhendé. Qui résistèrent quoi, armés de manière artisanale tout à fait comme ceux de Saint-Denis ou de Saint-Eustache au temps de la guerre anticoloniale des débuts du XIX siècle.
Ces « jeunes gens en colère », qui entrèrent dans la clandestinité, ceux des débuts de 1960 comme ceux de 1970, sont des inconnus pour les jeunes générations. Ils méritent de la lumière, non ? Ils montraient du courage, une audace terrible tant somnolaient la majorité des nôtres, sauf au RIN de Pierre Bourgault. Ils prenaient, oh oui, des risques énormes. Ils allèrent, la plupart en prison, quelques-uns pour longtemps, et en exil, tel Richard Bizier. Ils furent vendus.pour de vrais « 30 deniers », bien sonnants et bien trébuchants, furent trahis par des Judas-Jacques-Lanciault ou bien capturés par une puissante machine de répression militaro-policière avec immense filet mis en action par les agents zélés du fédéralisme canadian et par leurs inféodés au Québec même.
Les rebelles de 1837-1838, ces magnifiques « Patriotes » sont au calendrier et fêtés chaque novembre. Conspués par le haut-clergé froussard face aux « bons maîtres », interdits de sépulture chrétienne, ils sont devenus, le temps passant, des héros incontestables. Plus d’un siècle a passé, c’est bien ça ? On grave leurs noms sur des socles, on rend de justes hommages à ces héros antimonarchistes armés. Qui tuèrent parfois. Pour la cause sacrée. Pour les jeunes membres du FLQ rien, c’est un silence qui a assez duré. De jeunes historiens québécois devraient désormais enquêter et publier sur eux. On découvrira, me dit-on, des « qui-ont-mal-tourné », et après ? Dans n’importe quel groupe de libération, toujours, il y a eu des héros qui ont mal vieilli. Durant la Résistance en France comme parmi les batailleurs de l’Irlande-nord. Pas vrai ? Nul patriote n’est tenu de mener une vie exemplaire après le temps des combats. Et vive la liberté! C’est banal, normal, prévisible que certains comportements héroïques ne s’accomplissent que dans l’urgence d’un moment d’histoire, non ? Il s’agit de faire cesser un mutisme louche. De cesser d’intérioriser de façon fort malsaine la vision haineuse de nos desperados selon les vues forcément rapetissantes des ennemis de notre patrie. Je souhaite - et j’ose croire n’être pas le seul - mieux savoir qui étaient ces jeunes gens qui firent trembler pendant des mois, certaines années, les puissants et les assistants passifs de notre DILUTION ORGANISÉE. Tenez ces deux mots. Ils résument clairement ce qu’est l’Histoire du Canada. Cela depuis le goddam Durham jusqu’à la maudite tromperie faussement nommée : confédération.
Au temps des premiers bombardements felquistes, travaillant comme scénographe au « réseau français » (réseau tant craint par PET) de la CBC, je me souviens fort bien des mines d’enterrement de la riche English section de la dite Boadcasting Corporation, boulevard Dorchester à Montréal. Crispations partout. Énervements subits. Suspicions virant à la plus folle des paranos dans les couloirs, les bureaux et les salles de réunion. On peut imaginer les semblables désarrois ailleurs, à Ottawa comme à Toronto. Noyautage du personnel par des agents de la Police Montée déguisés en cadres. « Le cadre », petit, moyen, supérieur, c’est si pratique comme camouflage policier.
Ce fut un temps de panique, d’agitation bureaucratique allumée par ces quelques jeunes résistants impatients. Bombes donc ici et là ! Posées par qui ne croyaient plus aux faveurs d’une bien lente démocratisation entre les « deux solitudes ». Ainsi le Big Brother (et Big Boss) ce sinistre bloke, Gordon, proclamait scandaleusement que les Québécois, tous, n’étaient pas assez compétents pour obtenir la moindre promotion dans les grandes compagnies, publiques ou semi-publiques. Ainsi, soudainement, voici que des bombes éclataient, sans cesse, et voilà que nous pouvions lire (dans La Presse comme dans Le Devoir) des « avis de promotion » inouïs. Tiens, tiens ! Subitement les Québécois avaient des talents ! Brave et bonne conseillère, la violence ?
Quand les felquistes furent mis en cellules pas un seul de tous ces « frais promus » eut l’idée normale d’envoyer au moins des oranges ou des chocolats à ces très jeunes hommes enfermés en pénitenciers ! Oh, les ingrats. C’était de leurs actions intrépides, de la peur, que survenaient leurs neuves fonctions importantes, leurs nouvelles grosses gages. Ces jeunes garçons du FLQ avaient réveillé ces racistes francophobes, bonzes à clubs privés interdits aux nôtres, bonzes du Golden Mile, mandarins racistes des establishements. C’était donc la frousse-au-cul de ces damm blokes qui venait de permettre - à nos compatriotes doués - la fin du mépris raciste anglo et d’avoir droit à des postes de directeurs, de gérants, de surintendants, de directeurs, de vice-présidents. Ah oui, une belle bande d’ingrats ! Ou bien ils étaient tous des innocents, des mal-politisés, des aliénés à plaindre, des désinformés, des polis esclaves habitués aux reconnaisances très tardives. Eh oui, pas une seule orange donc dans ce temps-là. et, en 2005, pas encore un seul nom de ces résistants armés, nulle part, dans aucun manuel scolaire d’histoire, pas une seule mention à aucun anniversaire . anniversaire qui pourrait souligner « un tout-petit-peu-au-moins » les bénéfices cueillis à cette époque par les nôtres.
« Oui mais il y a eu des victimes innocentes », me dit-on aussi. Inévitablement. On n’a qu’à lire un peu à propos de tout mouvement d’émancipation, de révolte. Au Mexique des Zapata, des Bolivar comme aux jeunes Etats-Unis de 1776, il y eut des victimes, on peut citer mille villes et/ou pays, n’est-ce pas ? Il faut être d’une candeur rare pour imaginer une lutte, un combat armé et souhaiter qu’on n’y trouve aucun sang versé. Oui, il y a eu, hélas, cette dévouée simple secrétaire chez La Grenade Shoes, cet étudiant, kamikaze sans le vouloir, jeune et maladroit porteur de bombes sous Vallières et Gagnon, l’étudiant Corbo, 18 ans. Et cet agent de police devenu hélas handicapé, hélas aussi ce malheureux concierge, M.O’Neil, gardien d’une caserne militaire une certaine nuit de bombe. Et puis, il y a 25 ans maintenant, événement traumatisant, un député-ministre libéral, Pierre Laporte.
J’en oublie ? C’est possible. Encore une fois, cette partie de NOTRE histoire, gênante pour les timorés, qui est tue, cachée, doit désormais trouver de l’éclairage. Ces batailles, rarement meurtrières, devraient faire partie des manuels scolaires, sans aucune espèce de honte, avec vérité. En montrer avantages et désavantages, oui, ces graves inconvénients via la répression. Blocages de promotions pourtant méritée, mon cas à trois reprises à la SRC quand j’étais security risk n’est-ce pas, comme Gérald Godin, ou un Norman Lester, il y a pas longtemps. N’oublions jamais les ordres « implicites » de PET à la RCMP d’où vols des listes du PQ, (vraies) bombes, (faux) communiqués felquistes, incendiât de grange.
Oui, il est urgent maintenant qu’un chercheur sorte de l’ombre ces vaillants jeunes défenseurs des nôtres injustement enterrés vifs. Nous souhaitons ce (ou cette) amant de lucidité, de franchise. Que ce sain travail d’histoire normale se fasse dès à présent, presque 50 ans après les premiers gestes du FLQ. Ils sont des faits notoires. Facile à dénicher cette part d’histoire dans les archives des journaux. Maintenant pour rendre justice mais aussi pour faire enrager et nos adversaires néo-rodhésiens (1) et néo-chiens-couchant. Qu’ils en bavent ceux qui, salauds finis, inventent la nocivité et l’inutilité des actes terroristes en vue de notre liberté totale. Personne n’insulte la mémoire de M. Begin qui fut, lui aussi jeune, un fort actif terroriste aux aurores de l’installation de la patrie juive.
L’autre qui me dit aussi : « Oui mais le raciste Speak white montréalais des Square Heads, si insultant, on ne l’entend plus. Tout a changé maintenant, non ? » Je répond : raison de plus de revaloriser les premiers jeunes combattants de notre lutte d’émancipation. Ils furent héroïques, il ne faut plus craindre de le dire, de vanter ces gars-là, de narrer leurs actions illégales mais non « illégitimes », dans nos livres d’histoire. Seul le regard méprisant de nos vieux agents d’assimilation, celui des foremen de nos pères soumis, nous empêchant de crier : « Honneur à vous premiers combattants du milieu du 20ième siècle ! ». Et l’autre mal-décolonisé, aliéné qui me dit encore : « En 2005, pourquoi reparler de ces années noires ? » Parce que « je me souviens », parce que relater ce passé récent, c’est exactement le rôle de l’historien. Justement, en 2005, il faut en parler, il faut inscrire les faits, la courageuse action entreprise quand il y avait encore, malgré les promesses des quatre « L » (Lesage, Lévesque, Lajoie, Laporte) trop peu de progrès, et, partant, trop peu d’espoir. Les âmes délicates, les bons-ententistes à tout prix, les effaceurs des faits gênants, les révisionnistes patentés, tous ces cornichons frileux et hypocrites, ces carpettes de l’axe anglo-américain, ces lamentables cocus-contents, vous verrez, vont se pincer le nez, l’auriculaire en l’air, « Quelle horreur ! Ces bombes, pouah ! » Ce qui va ravir les anciens patrons blokes et leurs courroies dociles en fédérastie.
Au moment où le vaiseau coule, au moment où les rongeurs fédérats (afflublés du beau mot de créatifs publicitaires) se sauvent, se cachent.c’est bien, non ?, le bon moment de louanger des jeunes gens impétueux, d’un courage édifiant, et, je le répète, qui hypothéquaient leur avenir complètement. Agissant pas pour gagner des sous ô Juges Gomery de la terre, mais pour effrayer des racistes sourds à 85 % de la population les environnant; ce qui était un racisme québécois à la sauce « Afrique du sud » !
À partir de maintenant, de cet appel, j’ose espérer la rédaction généreuse d’une personne du monde des historiens. Justice sera enfin rendue. Un malodorant silence enfin brisé. Un tabou bien con enfin démoli. Tout un pan de notre histoire, celle de nos jeunes felquistes, n’a absolument rien de honteux.
Cette honte que la gent bien-pensante, languedebois-parlante, nous ordonne de nous taire sans le dire, elle fait exactement le jeu de nos dominateurs. Y compris le jeu de la horde des méprisables libéraux à commanditaires stupides, à vagues de pavillons unifoliés. Et le jeu des valets ottawaïens, des rois-nègres serviles, à la Georges-Étienne Cartier, le vire-capot, ou à la Louis St-Laurent, le tergiversationnaliste, ou encore à la PET-Trudeau, le jetsetter apatride et déraciné, enfin à la Jean Chrétien, cet ignoble Janus (à deux et quatre faces) le pire de notre histoire.
Eux tous et bien entendu de mèche avec nos adversaires les noyeurs intéressés de nations souveraines, les installateurs zélés de mosaïques et du multi-cul. instrument si pratique pour nous diluer au plus tôt : qui ?
Nous : les trop longtemps endormis Québécois bafoués, nous, la trop patiente naguère MAJORITÉ INVISIBLE, nous, les anciens mollassons « moutons », nous les ancien favorisateurs des ghettos, nous les jadis racistes invertis (nous n’étions que des crétins, c’est entendu.)., c’est terminé en 2005, enfin ! Combat essentiel en 2005 ! Eux, les à-abattre » électoralement désormais avec tous leurs parasites vénaux, des Chuck Guité graisseurs compulsifs jusqu’au « prophète indépendantiste » loufoque, le pourri revenant shakespearien du Danemark, l’Alphonso.
Je sais, je sens, que l’on va venir corriger cette part de notre histoire en 2005 et le vieil homme que je suis devenu en est si content, si léger, si fier. Je dis déjà merci à cette personne courageuse. J’ai déjà hâte à cette lumière. J’ai hâte déjà à toute la vérité. Comme je le fis, en 1965 en page de garde de mon roman populaire (ce qui enragea les abbés Marcotte de tout le territoire! ), « Pleure pas Germaine », je veux dédier ce petit pamphlet à (et peu m’importe s’ils ont bien ou mal tourné - et c’est quoi au juste « mal tourné » - ) à MM. Mario Bachand, Alain Brouillard, Richard Bizier (que je revois parfois), François Gagnon, Jacques Giroux, Gabriel Hudon (condamné 20 fois à la « perpétuité » et à qui, en 1980, je confiai mon « Contes du Sommet bleu » chez Quebecor), Yves Labonté, Denis Lamoureux (aidé à sa sortie de pénitencier par Pierre Péladeau), Eugénio Pilote, Gilles Pruneaux (rencontré à la célèbre « Taverne Royal Pub » en 1961), Pierre Schneider (aidé aussi chez Péladeau), Georges Schoeters, (émigrant du pays de Brel), Roger Tétreault, Raymond Villeneuve (encore actif chez les radicaux de la cause).
Vive TOUTE l’histoire !
CLAUDE JASMIN _________________ "La révolution est à bâtir, ou bien elle se dissipe". -Jacques Berque
"Il y a ceux qui se contentent de souhaiter l'indépendance et ceux qui ne sauraient concevoir la vie nationale sans elle". -Gabriel Hudon
"On ne peut pas dire la vérité à la télévision: il y a trop de gens qui regardent" - Coluche
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